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CINE : MY BLUEBERRY NIGHTS

Tout sur MY BLUEBERRY NIGHTS - La Critique - Photos - Le 2008-01-26 03:07:33


Wong Kar Wai avait dernièrement prolongé, avec 2046, le voyage onirique absolument particulier proposé dans In the mood for love. Il poursuivait son glissement musical, se faufilant parmi des figures au charisme profondément romantique, glissant de l'une à l'autre, porté par une bande musicale absolument prodigieuse. My Blueberry Nights propose un autre voyage. Comme Wim Wenders avec Paris, Texas, Wong Kar Wai découvre le tournage aux Etats-Unis en réalisant un road-movie. Là aussi, il s'agit d'une forme de quête, d'un retour aux sources, à soi-même.

MY BLUEBERRY NIGHTS
Un film de Wong Kar Wai
Avec Norah Jones, Jude Law, David Strathairn
Date de sortie : 28 novembre 2007

my blueberry night

My Blueberry Nights est le récit du voyage initiatique d'une jeune femme, Elizabeth (Norah Jones, surprenante de fraîcheur dans sa première apparition à l'écran) qui cherche à se guérir d'une séparation douloureuse. Elle a été abandonnée, délaissée, elle rend ses clés. Celui qui les récupère, c'est Jeremy (Jude Law, enfin touchant de sincérité), le gérant du bar au pied de l'appartement de l'infidèle. Le bar devient le lieu, au décor bientôt familier, où les protagonistes se rencontrent, ce point d'ancrage qui se retrouve dans chacun des films les plus récents du réalisateur. Elizabeth et Jeremy s'y découvrent, s'y confrontent, et c'est autour du bocal à clés et d'une tarte aux myrtilles, elle aussi délaissée par les clients, qu'elle se confie à lui.

Et puis vient le moment du départ d'Elizabeth. Voir, la nuit, se dessiner en ombres chinoises les corps de son ancien amant et de celle qu'il lui a préférée devenant trop douloureux, la jeune femme quitte New York. Soudain, aux plans courts et rapprochés, au fond sonore et à la profondeur de champ encombrés se substituent une légèreté, une douceur moins étouffante. Des travellings latéraux sur les larges paysages traversés, bien évidemment, un rythme moins soutenu, moins saccadé. Et, paradoxalement, c'est là que la vie ressurgit. Les souvenirs, le regard nostalgique et perdu, tout ce qui composait à l'écran un second plan imposant, caché au fond d'un bar, derrière la vitre, disparaît. Elizabeth n'a plus désormais le temps de regretter, entre sa journée dans un snack et ses nuits dans un bar.

my blueberry nights wong kar wai jude law nathalie portman

Les couleurs se font désormais plus sombres, passionnées, et la photographie plus nette et lisse. Le spectacle n'est plus fait d'ombres, de fantômes, d'histoires passées résumées par une clé, mais bel et bien là, présent, en construction. Tout se joue dans la salle, devenue la scène de thèâtre. Sur scène, il y a la joueuse désargentée, Leslie - une Natalie Portman époustouflante de maîtrise et de beauté - que la passion de l'illusion rend désespérée, un flic, Arnie - le brillant David Strathairn - fou amoureux de celle qui l'a déjà quitté depuis longtemps : Sue Lynne - Rachel Weisz. Tous souffrent, encore plus qu'Elizabeth. Ils souffrent tellement qu'ils en arrivent à être les acteurs de leur propre tragédie, d'une sorte de drame passionnel et lyrique, dont les issues sont mortelles. Leur trajectoire personnelle est soit le modèle accompli soit l'image inversée de la vie d'Elizabeth.

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CINE : MY BLUEBERRY NIGHTS (CANNES 2007)CINE : MY BLUEBERRY NIGHTS (CANNES 2007)

C'est emplis d'impatience que nous franchissons avec Romain les portes de la gar...
 
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  Note des Lecteurs
pak Joli mais un peu vain 4    29 jan
 


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9.3/10
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