
INTERVIEW : FRANCIS FORD COPPOLA
Tout sur L'HOMME SANS AGE - La Critique - Photos - Le 2007-10-26 03:11:53
Vous revenez après dix ans d'absence avec un petit film bizarre, proche de l'expérimentation. Pourquoi?
Pour tout vous dire, je me sentais un peu coincé. Plus exactement à ma place dans l'industrie du cinéma. En fait, je ne savais plus où je me situais. Je ne voulais plus faire de gros films de studio qui pour moi ressemblent un peu à des répétitions des films que l'on faisait il y a longtemps. En même temps, je me tâtais depuis quelques temps pour réaliser des films d'avant-garde et trouver les moyens pour en faire un. Un film comme L'homme sans âge m'est infiniment plus personnel que d'autres films que j'ai pu faire. Grâce à mon business dans les vins, j'ai pu réaliser ce petit film et je suis arrivé en Roumanie assez enthousiaste.
Vous pensez revenir aux films plus commerciaux ou pas du tout?
Jamais. Sincèrement, je pense que le cinéma passe une période noire. Personne ne sait vraiment où nous en sommes. Et cette incertitude est visible je pense dans L'homme sans âge, ne serait-ce que dans le fait que j'utilise différents supports pour raconter une histoire et que je brouille volontairement les repères temporels. Je trouve que les spectateurs ont perdu cet esprit de curiosité. Les studios ne produisent même plus de drames: ils ne s'intéressent qu'aux remakes de films étrangers ou déjà faits. Aujourd'hui, il n'y a plus de place pour un cinéaste comme moi. De toute façon, j'ai envie de financer mes propres films car finalement le décisionnaire ultime, c'est celui qui finance et même plus l'artiste. Et j'espère qu'on ressent cette liberté de ton dans L'homme sans âge.

Est-ce que vous conservez des restes de votre période expérimentale?
J'ai toujours eu une attitude expérimentale envers le cinéma. Et que je l'ai toujours conservée, malgré tout. C'est vrai que L'homme sans âge descend directement de cette période et que les choses bizarres et décalées qui s'y trouvent pourront surprendre. Ce qui m'a toujours frappé au cinéma, lorsque les réalisateurs essayent de suggérer qu'un personnage rêve, on a droit à des couleurs roses ou étranges. Ce n'est pas ma définition de l'onirisme. Bien sûr que c'est inhabituel. Mais ça reste réaliste en général. J'ai décidé de montrer un rêve comme dans la réalité. Sauf que la scène est filmée à l'envers. Pour moi, c'est une façon expérimentale de montrer la texture du rêve et c'est une expérimentation à échelle moins large. Comme dans One from the heart.











































