
CINE : LES TOITS DE PARIS
Tout sur les toits de paris - La Critique - Photos - Le 2007-10-29 02:56:48LES TOITS DE PARIS
Un film de Hiner Saleem
Avec Michel Piccoli, Mylène Demongeot, Maurice Benichou, Marie Kramer
Durée : 1h38
Date de sortie : 21 novembre 2007

Paris pendant la canicule. Marcel, Amar et Julie vivent tous les trois sous les toits dans la solitude et la promiscuité de leur quotidien. Leurs destins se croisent faits de sourires, de larmes et de tristesse offrant à chacun le réconfort et l'amour que la vie ne leur accorde pas.
Marcel, Amar et Julie sont les figures de cette solitude, personnages blessés mais amoureux de la vie qui ne frappe plus à leur porte, êtres humains oubliés par la société, à la fois beaux et misérables. Ils se croisent, confrontant leurs peurs, leurs joies, offrant une part d'eux même à l'autre, gardant ce qui finalement les fait encore se sentir vivant, de l'espoir. Il y a une beauté cachée dans cette solitude, celle d'une rencontre, d'un rire ou d'un regard, qui magnifie les destins de ces déchus de la société. Ce qui est frappant dans le film c'est son refus d'un certain misérabilisme, d'un regard trop triste sur ce monde qui n'a rien à offrir à beaucoup d'entre nous.

Dans une économie de mots qui fait ressortir les corps et les gestes, Hiner Saleem filme les jeux très inspirés de ses acteurs, au plus près de leurs émotions, accentuant leur enfermement par des cadres très serrés, utilisant une lumière crue et froide pour révéler la beauté profonde qui émane de ces visages et de ces corps, en particulier ceux de Michel Piccoli et Mylène Demongeot aussi subtils que tendres, véritablement sublimés par la caméra. Mais le film déconcerte plus d'une fois, semblant se refermer sur lui-même, prisonnier de sa propre solitude. Il ne semble pas y avoir de réponses aux tristes constats du réalisateur, simplement que l'existence est périlleuse et cruelle malgré la quiétude de beaucoup d'instants.
Malgré un regard qui se veut poétique et tendre le film échoue à provoquer un réel attachement à ses personnages, la faute à une narration flouée par trop d'aspérités et de silences que le jeu des acteurs ne compense pas.A l'image du personnage de Marcel le film s'éteint peu à peu pour finalement laisser le goût de l'amertume nous pénétrer. Y croire toujours semble être le fin mot de cette histoire, croire par delà la solitude, par delà la mort même.

Hymne à la vie traité comme un conte mais parasité par trop de pessimisme, les Toits de Paris est une oeuvre acérée sur notre société occidentale mais trop enfermée dans son propos pour être réellement attachante.
Nicolas Chestier
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