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CINE : CORTEX

CINE : CORTEX

Tout sur CORTEX - La Critique - Photos - Le 2007-11-09 15:28:37


Charles Boyer, flic à la retraite dont la quiétude mentale est agressée par la maladie d'Alzheimer, en est persuadé: quelque chose de louche se passe à la Résidence, établissement où son fiston l'a installé. Oui mais quoi? Encore une fois entre film d'auteur et film de genre, Cortex, le nouveau long métrage de Nicolas Boukhrief, entretient le doute, propose des hypothèses, instille le suspense. Jusqu'à la résolution finale, plutôt amusante. Le tout orchestré par une bande de potes.

CORTEX
Un film de Nicolas Boukhrief
Avec André Dussollier, Julien Boisselier, Marthe Keller, Pascal Elbé, Claire Nebout, Aurore Clément, Claude Perron
Durée : 1h44
Date de sortie : 30 janvier 2008

Après Le convoyeur, qui conciliait à la fois les oripeaux du polar rythmé par des réminiscences Scorsesiennes et la veine sociale auscultant l'être humain dans tous ses états, Boukhrief signe un thriller sur la mémoire moins ambitieux que son précédent film et plonge dans les arcanes de la folie en suivant les moindres agissements d'un flic en pleine crise intérieure. L'intrigue policière qui se déroule dans une clinique sordide où toutes les menaces sont envisageables sert de moteur (pour ne pas dire de prétexte) à une étude de caractères. Ce qui intéresse le cinéaste réside moins dans l'application de codes convenus que dans la peinture d'un microcosme riche en personnalités complexes où les infirmiers censés s'occuper de leurs patients sont plus préoccupés par les rivalités inhérentes à la vie sociale (compromissions en tout genre, arrivisme, guerres de pouvoir...). En adoptant ce parti pris, il sous-entend que les plus fous ne sont pas nécessairement ceux qu'on pense. Une première lecture pousse dans un premier temps le spectateur à cerner la psychologie du protagoniste, très ambigu. Il est idéalement incarné par André Dussolier, acteur a priori peu enclin aux rôles dark (à quelques exceptions comme Lemming ou naguère Fréquence meurtre) qui épouse jusqu'au bout la folie de son personnage. Boyer possède des réflexes instinctifs de vieux flic impulsif qui le poussent à se méfier de tous les agissements louches. Dès les premières scènes, on le sent pourtant sur la corde raide et sensible de la dépression. Des dialogues un peu trop explicites permettent d'en apprendre davantage sur son passé que ce soit à travers le regard anxieux de son fils (Julien Boisselier) ou le staff de ladite Résidence qui donne l'occasion au passage de découvrir ce que les infirmiers pensent de leurs patients. On pourra s'amuser de la faculté dont l'ancien flic se ramène et se balade avec un flingue. Cela fait partie du jeu où le but ne consiste pas à se prendre la tête sur les invraisemblances mais à s'amuser au gré d'une intrigue ludique.

cortex

Avec une mise en scène extrêmement sobre qui refuse les fioritures stylistiques et exige une parfaite entente entre le fond et la forme, le film tient à rester réaliste et ne cherche pas une représentation hypertrophiée de la folie. Le réalisateur se contente juste de dépeindre un univers claustro, oppressant, en donnant une importance égale aux soupçons du personnage principal (on peut prendre sa partie comme une enquête intérieure) qu'aux personnages secondaires en maintenant d'un bout à l'autre un équilibre étonnant. Sans en faire trop. Une fois qu'il a trouvé le ton adéquat, Boukhrief avance sereinement sans tomber dans le psychologisme, en respectant ses caractères et en torturant quelques apparences (la froideur qui cache un désespoir; un sourire crissant, des larmes). Conscient que la folie le guette, Boyer s'obstine à écrire sur un cahier tout ce qu'il peut déceler. Jusqu'à ce qu'il passe à l'action. Comme dans tout bon thriller, c'est l'intrigue qui compte. Pas la résolution. D'ailleurs, le film ne repose pas sur sa «révélation». Un peu comme Guillaume Nicloux dans Une affaire privée. La structure narrative qui multiplie les va-et-viens et les indices est très proche du Convoyeur en moins surprenant. Le précédent Boukhrief rivalisait de détails étonnants, pas nécessairement visibles au premier coup d'oeil, qui apportaient un regard nouveau à chaque visionnage. Reste à savoir si Cortex possède suffisamment de ressources pour subir des visionnages intempestifs. En l'état, une seule suffit à convaincre. D'autant qu'en contrepoint, Boukhrief mise sur son casting de gueules. La même bande d'acteurs du Convoyeur (Claude Perron, toujours aussi magnétique; Gilles Gaston-Dreyfus, toujours aussi barré; Philippe Laudenbach, toujours aussi inquiétant) et des nouveaux venus au diapason (Marthe Keller, Aurore Clément, Claire Nebout), proches du revival eighties. Au-delà de ce qu'il raconte, le film semble par ailleurs construit comme un jeu de pistes pour cinéphile où l'on peut s'amuser à deviner les références plus ou moins évidentes du cinéaste. Cela va des Disparus de Saint-Agil à Shock Corridor en passant par Lost Highway ou Pusher 3. Dans des situations et des contextes totalement différents. Quand ce ne sont pas des références à son parcours personnel. Ce programme, fort de ces niveaux de lecture, donne lieu à un film inventif et retors qui, sans révolutionner, sans chercher à donner un uppercut ni même à jouer au petit malin - malgré la possibilité d'user de fils manipulateurs ostentatoires, joue en permanence avec le spectateur dans un esprit de connivence tranquille et sympa.

Romain Le Vern

  

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  Note des Lecteurs
pak Déception de la part de Nicolas Boukhrief. 4    02 mai
baybuster narf    29 oct
Blag-Gyver Tong    29 oct
TongPakFu Et qu'est-ce qu'on fait ce soir Cortex ? ^^    29 oct
 


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note des internautes :
9.1/10
(14 votes)

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