
Halloween version Rob Zombie est sorti le 10 octobre sur le territoire français et après trois semaines d'exploitation, une constatation s'impose: la diffusion du film a été plus que restreinte, ayant été refoulée des réseaux UGC et MK2 (récemment partenaires de la toute nouvelle carte illimitée). Il est aujourd'hui uniquement projeté dans 49 salles.
Suite à une violente agression dans une des salles de l'UGC Rosny pendant la projection Saw 3, le phénomène de recul quant à la diffusion de films interdits aux moins de 16 et 18 ans, tend à se généraliser. Le genre horreur, souvent sous-estimé artistiquement, est aujourd'hui en péril. A ce rythme, le cinéma d'horreur ne bénéficiera que d'une ouverture rachitique dans les salles françaises. A l'aube de la sortie de Saw 4, Dvdrama propose de revenir sur ce phénomène de censure de distribution. Grande question du moment : Saw 4 sera-t-il interdit aux moins de 18 ans ?
Si on part du principe que le 3 l'a été, et que le concept de la série est de faire toujours plus cra-cra, il y a de fortes chances qu'il le soit. Du coup le scandale ne serait pas la médiocrité croissante des Saw mais qu'on aura bel et bien régressé à l'époque de la censure giscardienne. Pour mémoire : si le -de 18 ans, est réapparu, c'est dans une paradoxale nécéssité de liberté accordée aux réalisateurs : en 2001 Baise-moi est sorti en salles aux - de 16. Une association de défense des bonnes moeurs (Promouvoir pour ne pas la nommer) a trouvé le film scandaleux et s'en est plaint. Obtenant pour le film de Despentes, un X. Selon la loi définie par ce label : les diffuseurs et producteurs des films classés comme tel voient leurs recettes imposées par une TVA spéciale ultra lourde (eh oui, le X a surtout été conçu comme une manière de rapporter des sous dans les caisses de l'état que pour censurer le porno, qui fleurissait dans les salles "classiques" dans les 70's) mais surtout ne peut être diffusé que dans un circuit de salles spécialisées. Qui n'existe plus (ou presque, une seule salle en France est encore en activité : le Beverly, à Paris, pas loin... des écrans familiaux du Rex !).

Autrement dit en écopant d'un X, Baise-moi ne pouvait plus être distribué en salles, ce qui revient à nier son existence. Pour éviter cette situation, Catherine Tasca, la ministre de la culture de l'époque, a décidé de réactiver le - de 18 ans. Satisfaisant ceux qui voyaient dans le X une censure pure et dure sans trop se mettre à dos Promouvoir. Mais surtout en précisant sur décret d'application, qu'elle le faisait dans une volonté d'éviter les dérapages quant à l'utilisation à venir de ce -18 ans, décrétant, à cette vue, un système de vote non pas à la majorité de la commission de contrôle mais aux 2/3.
















































