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INTERVIEW : JULIEN LECLERQ (CHRYSALIS)

INTERVIEW : JULIEN LECLERQ (CHRYSALIS)

Tout sur CHRYSALIS - La Critique - Photos - Le 2007-10-31 08:43:50


Loin du langage formaté promotionnel, Julien Leclerq fait partie de la nouvelle génération montante de réalisateurs qui ne mâche par ses mots et qui cherche à tout prix à faire du bon cinéma de genre. Artiste exigeant et féru de cinéma américain, l'homme est pétri de fougue, de lucidité, et d'intelligence du haut de ses 28 ans. Il cherche simplement à faire des films plus proches du public qui lui ressemble. Étendard de la nouvelle génération de cinéastes français, Julien Leclerq revient sur son parcours et sur l'ambition qui se dessine en filigrane derrière son premier film Chrysalis.

chrysalis

Pouvez-vous revenir sur votre parcours avant la réalisation de Chrysalis ?
Je suis arrivé à Paris à 18 ans, il y a 10 ans maintenant. Je me suis inscrit dans une école privée de cinéma, comme beaucoup de petits provinciaux qui veulent monter à Paris pour faire du cinoche. Au bout de très peu de temps, je me suis rendu compte que c'était une grosse arnaque financière. Et puis je n'avais plus d'argent pour payer... Alors, je me suis fait virer de l'école. Et tout de suite, à 19 ans, j'ai emprunté de l'argent à droite et à gauche. J'ai pu réaliser mon premier court : Vision, en 35 millimètres, Noir et Blanc, Scope, etc. Donc aussi première dette à 19 ans. J'ai embrayé par la suite sur un deuxième court-métrage : Welcome aussi en 35, Noir & Blanc. Puis enfin ce fut Transit. Comme je ne connaissais toujours personne dans le milieu, j'ai appelé Score Magazine. J'ai présenté le truc comme ça : je ne suis pas connu, voilà mon court, j'ai besoin de vous. Ils m'ont offert 3 fois 6 pages sur 3 numéros. De là, Franck de Gaumont tilte sur les photos. Mais j'étais mort niveau finance, fiché à la banque de France à cause des dettes qui s'accumulaient, etc. À l'heure où je vous parle, il me reste 3 ans et demi de crédit encore sur les bras.

Et comment êtes-vous arrivé sur Chrysalis ?
J'avais envie depuis longtemps de faire un film d'anticipation. Alors quand je suis arrivé dans le bureau à Gaumont, j'ai amené 4 DVD en proposant un mixe des 4 films. Grosso modo j'ai vendu un Minority Report avec une économie à la Bienvenue à Gattaca...Et voilà. C'est ce qu'est devenu le film aujourd'hui. Il a coûté 8 millions d'euros. Je pense qu'il y en a beaucoup plus à l'image. Par apport à l'argent, c'était mon combat pendant l'année et demie de préparation. Je voulais qu'il y en ait plein à l'image. Je suis spectateur comme tout le monde. Je fais la queue, je paie ma place. Et c'est très cher les places de cinéma pour voir un film. Quand j'étais ado, je n'allais voir que les films américains. Il faut dire que j'étais en province. Les salles de province ne diffusaient que les films américains. Moi, quand je rassemblais 30, 40 francs, je voulais en prendre plein la gueule.

chrysalis

Ce n'est peut-être un paradoxe. À force de trop en mettre à l'image on oublie le fond, comme 300 ou Transformers ?
Ce que vous évoquez est un point précis. Mais en général, quand vous voyez que chez moi j'ai 95% de mes DVD qui sont des films américains, ce n'est pas normal.

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