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CHARLIZE THERON : ENGAGEMENTS SENSIBLES

CHARLIZE THERON : ENGAGEMENTS SENSIBLES

Tout sur DANS LA VALLEE D'ELAH - galerie de photos - Le 2007-11-06 08:25:04


    D'abord l'évidence: Charlize Theron est sublime. Donc que la belle sud-africaine ait été repérée très jeune pour arpenter les podiums n'a rien de bien étonnant. Qu'elle ait réussi à s'imposer comme une actrice de talent était moins attendu, car la beauté est souvent utilisée uniquement pour elle-même et difficile à transcender ou à faire oublier. Si de nombreux cinéastes l'ont utilisée pour son apparence, c'est pourtant sa faculté à émouvoir que l'on retient notamment dans Sweet November ou The Yards, jusqu'au coup de poing de Monster qui imposa définitivement son talent et sa puissance de jeu, souvent au service de personnages qui lui tiennent à coeur comme c'est encore le cas dans La vallée d'Elah.


La sensibilité

Dès l'Associé du Diable, c'est sa vulnérabilité qui frappe, cette fragilité qui la distingue sans cesse. Ainsi quand le jeune loup Keanu Reeves tombe sous le charme méphitique de Pacino, c'est elle que subit les assauts du diable, c'est elle qui démasque le Mal et qui souffre. Elle finit par convaincre son benêt de mari que leur appartement est aussi sûr que celui de Rosemary's baby, ce qui incite le ballot à réagir, vu que sa chère et tendre est quand même sacrément persécutée par le démon qui veut le jouvenceau pour lui tout seul. Pacino s'en donne à coeur joie et cabotine avec jubilation. Keanu Reeves ne parvient pas à s'émanciper du stéréotype. Seule Charlize Theron est réellement touchante de faiblesse et d'abattement. Plutôt que de jouer une conscience froide et indifférente qui ressent les choses telles qu'elles sont, elle joue une femme brisée que personne n'écoute et qui est à bout. Et c'est par elle que ce film un peu convenu gagne en profondeur et en émotion, car sa souffrance est réelle, on s'identifie à ce personnage désemparé et persécuté.


Dans Celebrity, considéré à sa sortie comme un Woody Allen mineur mais qui, avec le temps, se revoit avec de plus en plus de plaisir, Charlize Theron composait un personnage absolument réjouissant. Grâce au grand cinéaste, elle endossait le costume d'un mannequin ridicule, une fille totalement névrosée et superficielle, semblant échappée des pages les plus satiriques de Brett Easton Ellis sur le milieu de la mode. Elle rend donc littéralement le pauvre Kenneth Brannagh dingue. Il est journaliste et écrivain raté, fasciné par cette belle femme dont il attraperait sans broncher un cancer incurable. Elle est déchaînée, hystérique et fellinienne, orgasmique et pervers polymorphe, obsédée par les microbes et totalement incontrôlable. Elle joue de son image et s'en moque avec un entrain visible et communicatif. Il y a toujours chez elle de l'ironie quand elle joue de sa beauté ou quelque chose en plus qui fait que l'on ne s'arrête jamais à son apparence. Dans le Sortilège du scorpion de Jade du même Woody, elle incarne par exemple la beauté fatale typique des films noirs des années 40. Dans La légende de Bagger Vance de Robert Redford, elle est avant tout une femme forte et entreprenante (sudiste et cynique à la Scarlett O'Hara), qui joue de toute son énergie et de tout son charme comme une femme d'affaires, pour arriver à ses fins.

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