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KIYOSHI KUROSAWA : PORTRAIT + TESTS DVD

KIYOSHI KUROSAWA : PORTRAIT + TESTS DVD

Tout sur RETRIBUTION - Le 2007-11-11 20:10:32


Kiyoshi Kurosawa fait partie des valeurs sûres du renouveau du cinéma japonais actuel. L'homme ayant près de 30 oeuvres à son actif il nous gratifia au tournant des années 2000 de quelques-uns des plus grands films japonais récents avec entre autres Cure, Kaïro ou Jellyfish. Mais depuis la récente vague japonaise de fantômes, l'homme se fourvoie dans l'accumulation de clichés et de recyclage d'un style. Ses dernières réalisations, Loft et Retribution, sonnent si faux qu'elles semblent indignes de lui. Grandeur et décadence d'un artiste émérite qui accuse un manque certain de créativité depuis ces dernières années.


Kiyoshi Kurosawa voit le jour dans la ville de Kobé en 1955. Alors qu'il est un simple étudient en sociologie, il cherche à mettre en image la singularité de son regard sur la société japonaise en mettant en scène la génération à laquelle il appartient. Il investit ainsi les quelques économies qu'il avait mises de côté pour concevoir des courts métrages principalement tournés en 8 mm, qu'il cherche par la suite à les faire circuler via des festivals et autres organisations étudiantes. Il obtint rapidement quelques prix, ce qui le pousse à continuer et à démarcher ainsi le milieu professionnel afin de pouvoir se rendre utile sur des tournages et aussi parfaire sa main derrière la caméra. Malgré l'effondrement des studios japonais, il persiste.

C'est véritablement en 1983 que Kurosawa met le pied à l'étriller et décroche le budget pour réaliser son premier long : Kandagawa Wars. Une oeuvre tirant vers le cinéma de genre érotique assez dérangeant qui convoque le voyeurisme et l'inceste entre une mère et son fils. Pour contrebalancer l'aspect provocant du film, Kiyoshi injecte un certain humour qui donne une fraîcheur décalée et surréaliste à son film. Kandagawa Wars est trop en marge pour que le public puisse véritablement adhérer. Il sera un échec commercial. L'homme se fourvoie alors dans le cinéma commercial avec des films ouvertement érotiques, des Soft Porn dont les japonais sont friands durant les années 80, comme avec The excitment of the Do Re Mi Fa Girl. Il fait déjà preuve d'une rigueur et d'une inventivité dans l'exploitation de l'univers sonore et figuratif qui pousse au respect. Hélas les films n'atteindront pas le succès escompté. L'homme cherche alors à se retourner vers l'univers de la télévision, seul secteur enclin à donner ses chances aux jeunes réalisateurs ambitieux qu'il incarne. Après une traversée du désert de 4 ans, il trouve son salut par le biais de la petite lucarne en réalisant plusieurs films pour la télévision. Il s'essaie à l'horreur avec Sweet Home en 1989 puis avec The Guard From The Underground en 1992. Le rayonnement de ses différents films reste encore plus que relatif. Pour autant les qualités dont il fait preuve en matière de mise en scène et de maîtrise du cadre font de Kurosawa un réalisateur qui se démarque par un style très personnel. La manière dont il aborde la thématique de ses films élève le sujet simplement horrifique à l'allégorie sociologique qu'on lui connaîtra bien plus tard. Il met déjà en place de nombreux éléments qui brouillent les pistes du rationnel pour contraindre le spectateur à s'interroger sur les fondements mêmes de la réalité.


Il accepte volontiers des commandes pour la télévision où il se plait à réaliser des thrillers sous forme de série de 6 films Suit Yourself Or Shoot Yourself. Fort de cette expérience il s'adonne à de petites productions indépendantes horrifiques comme Door 3 mélangeant paranormal et érotisme classieux. Après une collaboration avec Hideo Nakata pour la réalisation du segment Haiko Kidan, Kurosawa prend véritablement son envol et se met d'arrache-pied à vouloir réaliser des films indépendants pour le grand écran.

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