
CLASSE PAS CLASSE : VAMPIRES STORIES
Tout sur 30 JOURS DE NUIT - La Critique - Photos - Le 2007-11-06 08:17:28LE BUZZ 30 DAYS OF NIGHT
Parmi tous les films que l'on attend, voici celui qui devrait constituer une réussite inattendue: 30 days of night, film de vampires orchestré par David Slade, coupable du troublant Hard Candy.

Alors qu'on pensait que le cinéaste allait reposer sur ses beaux lauriers, il a déjà achevé l'adaptation du comic 30 Days of Night, écrit par Steve Niles et dessiné par Ben Templesmith, pour le compte de Columbia Pictures. L'histoire prend place à Barrow, une ville éteinte et reculée de l'Alaska, où le soleil se couche sans se réveiller pendant quelques jours. Pendant ce laps de temps, des vampires affamés et sadiques surgissant des ténèbres vont ensanglanter les rues d'une ville plongée dans le noir. Le seul espoir résidera en la personne du shérif et de sa femme, députée, qui vont être déchirés entre leur devoir civique et la volonté de se sauver eux mêmes. Ce qui était séduisant dans le comic d'origine venait du fait que les vampires étaient débarrassés de toute l'imagerie romantique et gothique et présentés comme des voraces aux babines sanguinolentes. Si David Slade mène à bien sa tâche, ce sera une réussite de plus dans le genre à ranger aux côtés des Prédateurs de Tony Scott, de Aux Frontières de l'aube, de Kathryn Bigelow ou même de La sagesse des crocodiles, de Leong Po-Chih, trois variations cérébrales et très stimulantes autour du mythe. L'astuce vient également de cette malédiction selon laquelle les humains doivent se cacher et attendre que le soleil revienne pour que la ville soit dépourvue d'assaillants. Dans la bédé, Steve Niles s'est ingénié à confronter des éléments pragmatiques (les conditions climatiques) pour bifurquer adroitement vers l'irrationnel mais la façon dont Templesmith a conçu les vampires est très terrifiante. Du comic au film produit par Sam Raimi et Rob Tapert via leur boîte Ghost House Pictures (The Grudge US), le travail a été conséquent: le scénariste Stuart Beattie qui a entre autres bossé sur le script de Pirates des Caraïbes s'est chargé de l'adaptation avec l'aide précieuse de Brian Nelson (déjà sur Hard Candy). Josh Hartnett, Danny Huston (The Constant Gardener) et Melissa George (Alias) font partie du casting et incarneront respectivement le shérif, le chef des vampires Marlow et la députée. On compte sur David pour soigner ce projet qui se situe quelque part entre Carpenter et Romero. Le tournage a commencé en août dernier et trois vidéos sont disponibles. Etant donné qu'il est impossible de tourner en Alaska, David Slade a opté pour la Nouvelle-Zélande. Le changement est adéquat: il ne pouvait imaginer un cadre plus fantasmagorique pour une histoire de ce calibre qu'on espère fidèle au matériau originel (c'est-à-dire aussi brutal et impressionnant). RLV

AUX FRONTIERES DE L'AUBE LA CLASSE ULTIME
Ça commence silencieusement. Un jeune homme essaye de séduire une fille en l'emmenant faire un tour dans son pick-up et au moment de l'embraser, reçoit une morsure. Plus surprenant, elle disparaît à l'aube. Devenu vampire à son tour, il est sauvé de l'insolation par une bande d'ensanglantés errants. C'est probablement l'une des meilleures interprétations du film de vampires jamais réalisées. Comparable à la réussite discrète mais assurée de Vorace, d'Antonia Bird, pour le film de cannibales. D'autant plus précieuse qu'on l'a longtemps cru perdu (une rumeur courrait selon laquelle les négatifs avaient disparu). L'exercice de style, atmosphérique et délétère avec ses jeux de lumière somptueux, consiste à massacrer l'image des vampires suceurs de sang à la Christopher Lee (pas de crucifix ou d'eau bénite pour contrer les ennemis), en utilisant les codes du road-movie désertique pour amplifier une dimension barbare et abrasive. Loin des clichés, Kathryn Bigelow s'est intéressée aux thèmes inhérents au mythe: la différence, la solitude, le manque et la quasi-impossibilité d'établir des rapports affectifs durables. Autre audace: le mot «vampire» n'est jamais prononcé durant tout le film. Les vampires sont ainsi assimilés à des marginaux dangereux. C'est à la fois effrayant, crépusculaire, décomplexé et virtuose. Comme si feu Peckinpah donnait sa propre version du mythe. Notamment lors d'une scène de gunfight hallucinante où chaque impact des balles laisse pénétrer un filet de lumière qui brûle les vampires. Certaines images cauchemardesques organisées avec plus d'imagination que de moyens restent marquées à jamais dans l'inconscient collectif des fantasticophiles. Pour que l'effet soit marquant, Bigelow a repris les acteurs montants de Aliens, de son ex James Cameron (Bill Paxton, Lance Henriksen) qui depuis ont fait un sacré bout de chemin. RLV
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