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PAUL VERHOEVEN : LE HOLLANDAIS VIOLENT

PAUL VERHOEVEN : LE HOLLANDAIS VIOLENT

Tout sur BLACK BOOK - La Critique - Le 2007-11-14 04:48:23


La sortie aujourd'hui en DVD de Black Book de Paul Verhoeven est l'occasion rêvée de faire le point sur la carrière de celui que l'on surnomme le « Hollandais violent ». Retour sur un cinéaste majeur et son évolution à travers le cinéma des années 70 à 2000.


Etre né en Hollande en 1938, un an avant la seconde guerre mondiale est certainement le premier élément constitutif de la carrière de Paul Verhoeven. Elevé près d'une base allemande installée aux Pays-Bas, il a connu les bombardements répétés et a même failli perdre ses parents sous les bombes des forces alliés. Forcément, un tel évènement marque durablement le sentiment contradictoire que le jeune Paul peut avoir envers « les héros » de la grande guerre, en même temps qu'il forge sa vision non manichéenne du monde dans son ensemble. Pourtant, Paul Verhoeven se souvient clairement de son enfance durant la guerre comme d'une grande aventure, ce qui explique qu'il aborde cette partie de l'histoire avec des films comme Soldier of Orange et Black Book (tous deux dans sa période hollandaise, malgré les 30 années qui les séparent), en apparence excitants, glamours et primesautiers, mais plus vicieux et radicaux qu'ils n'en ont l'air.

Plus tard, son apprentissage culturel passera aussi bien par les bandes dessinées locales (Dick Boss, un équivalent hollandais de Dick Tracy), les films américains de science-fiction (il découvre La Guerre des mondes de Byron Haskin en salles en 1953) et des études à la respectable université de Leiden, où il ressort diplômé en mathématiques et en cinéma. Dans les années 60, alors qu'il réalise déjà des courts métrages et des épisodes de série télévisée, Paul Verhoeven découvre également la Nouvelle Vague et sa nouvelle manière de filmer, ce qui lui inspirera une représentation crue et réaliste de ses visions cinématographiques. Sa rencontre avec le scénariste Gérard Soeteman sur la série Floris (un Thierry la fronde version hollandaise, sur lequel il rencontre également l'acteur Rutger Hauer) est primordiale et débouche sur une longue collaboration cinématographique, où les deux hommes traitent de la transsexualité avec leur premier long-métrage Business is Business, avant de traiter de la libération sexuelle (Turkish Delight), de la prostitution (Cathy Tippel), de l'occupation nazie (Soldier of Orange) ou encore de l'homosexualité refoulée (Spetters) sans aucun tabou.


Paul Verhoeven revient sur cette période de sa carrière, pendant laquelle il rencontre un succès énorme en Hollande, au point de se faire remarquer par Hollywood : « En tant que cinéaste, mon but est d'être totalement ouvert. Regardez comment je filme le sexe dans mes films. Les gens considèrent que c'est choquant et obscène, parce que je m'obstine à examiner la sexualité humaine de façon précise. Cette retranscription doit être réaliste. J'adore les documentaires, donc pour moi, le réalisme est un facteur très important quand je fais une fiction. Je pense que c'est lié à ma propre vie, mon parcours en Hollande. La scène artistique hollandaise a toujours recherché le réalisme, comme ce fut le cas des peintres hollandais du 16ème siècle. L'exemple que j'aime le plus utiliser est ce formidable tableau de Hieronymus Bosch intitulé « Le fils Prodigue ». Il s'agit de la représentation d'un bordel, et on voit dans le coin un homme en train de pisser contre le mur. C'est quelque chose qu'on ne verrait jamais dans un tableau italien, français ou anglais de cette époque. Les hollandais ont toujours été plus intéressés par le détail, ils sont plus scientifiques et réalistes qu'idéalistes. Les scènes de sexe dans Le Quatrième Homme et Turkish Delight sont basées sur des expériences réelles que moi ou un ami avons pu avoir. Malgré tout, je dois avouer que j'adore choquer le public ». Et c'est bien ce désir de choquer que la critique hollandaise, extrêmement virulente, lui reproche le plus.

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