
LES DEUX MONDES
Un film de Daniel Cohen
Avec Benoît Poelvoorde, Florence Loiret-Caille, Augustin Legrand
Durée : 1h45
Date de sortie : 21 novembre 2007

Rémy, petit restaurateur de tableaux sans histoires, se retrouve propulsé dans un monde parallèle où un peuple oppressé l'attend comme le libérateur. De hautes responsabilités qui lui permettront de faire face à la perte de son travail et de sa femme dans son propre monde.
Lorsque la folie démesurée et incroyablement drôle de Benoît Poelvoorde rencontre l'imagination foisonnante et délirante de Daniel Cohen, cela donne Les deux mondes, à la fois fresque guerrière, romance humoristique, aussi proche de l'heroic fantasy que de la comédie populaire à la française. Un ovni en somme, éminemment respectable ne serait-ce que par la bouffée d'oxygène qu'il apporte. On frôle même le grand film, car ce concept contient en lui-même une ambition démesurée. Certaines bonnes idées pas assez exploitées et surtout quelques raccourcis scénaristiques faciles (la femme de Rémy le quitte du jour au lendemain sans raison valable), plombent un peu l'ensemble. Et sans ces défauts sans doute dus à la volonté du réalisateur de caser toutes ses bonnes idées dans une durée pourtant limitée, Les Deux mondes ne serait pas loin de marquer les mémoires à plus long terme.
Pour autant, le film demeure particulièrement plaisant, et recèle tout du long des trésors d'inventivité. Des coutumes bégaméniennes parfaitement dépaysantes (langage, système mathématique, etc.) au choc des cultures des deux mondes et les problèmes que cela pose à Rémy, tout est extrêmement bien vu par Daniel Cohen. On se dit alors que nous ne sommes pas loin de la création d'un univers aussi riche et potentiellement complexe que ceux d'un George Lucas ou d'un Tolkien, pour peu que Cohen veuille bien le développer. Mais là encore, le réalisateur prend à contre-pied en préférant fermer (a priori) toute possibilité de suite donnant lieu à une saga.

L'autre gros point fort du film réside évidemment, et là ce n'est une surprise pour personne, dans le potentiel comique de Benoît Poelvoorde. Sauf que l'acteur belge ne se résume pas uniquement à un clown de talent. Poelvoorde impose également son jeu tout en nuances, alliant habilement sons sens inné du comique à une fragilité touchante. Le film profite de ce talent pour naviguer à souhait entre ses deux mondes avec une facilité déconcertante. Deux mondes, deux genres de films, deux joies cinéphiles.
Joe C.
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