

On a tous quelque chose en nous de... lubrique et de pervers, de voyeur et de malsain. Des désirs charnels qui vous dévorent l'estomac, des envies de déraper, d'insulter et de grogner. Ah... ressembler à ces personnages emplis de liberté, le nez dans la poudre, un cône entre les doigts et une fille pendue à chaque bras - « Toi tu joueras la brune et toi la blonde ». Le cynisme, le sadisme, l'hypocrisie, le morbide, la cruauté, la cupidité (...) sont enfin reconnus comme étant une part de notre humanité. A l'époque d'AB, même les garçons traitaient Hélène comme une tache. Aujourd'hui, les minettes s'identifient à un quatuor de nanas trentenaires - Sex and the city - délirant sur la taille du sexe de leur dernier mec ou du cunnilingus raté qui leur a fait regretter leur sex toy fluo zébré. Quant aux mecs, ils rêvent des nuits torrides de Duchovny - Californication - et du charme destructeur/restructurant de McMahon - Nip/Tuck. Par devant ou par derrière. Trio, solo, duo, la vie sexuelle s'instrumentalise... Bref, un besoin irascible de piment, de folie et d'interdit envahit le globe et met le feu au calme provocateur des chaumières.

Dans les années 70, la rébellion « Marie-Jeanne/libération sexe-uelle » s'arrêtait un jour de majorité sur un air de « femme à marier, table où mettre ses pieds ». Aujourd'hui, la révolte « coco/sodo » gronde jusqu'à la trentaine bien tassée. Les pales infidélités de JR ont laissé place à la libido exacerbée du Dr Troy - Nip/Tuck -, la folie meurtrière de Dexter, les frasques libidineuses des Darling - Dirty Sexy Money - ou les arnaques à répétitions des Riches - The Riches. Homosexualité, dépression, drogue, viol, tout trépasse sous le cynisme acerbe des scénaristes sans pitié. Routine et banalité du quotidien sont intelligemment mises en parallèle avec la réalité des situations, la finesse des dialogues, la cruauté des personnages et les transgressions qu'ils s'autorisent. Si ces héros passent davantage de temps à remettre en question leur mode de vie, ils essaient tant bien que mal de rester ancrés dans la réalité, de garder un orteil dans la société, peu importe ce qu'elle reflète, le bon et le mauvais. Les séries, véritable nid de frustrations démystifiées et de schémas traditionnels atomisés, jouent le rôle thérapeutique d'exutoire.
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