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LE COIN DU CINEPHILE : PARENTS (BOB BALABAN)

Tout sur PARENTS - Le 2007-11-20 05:04:29


C'est quoi Parents au juste? Une comédie? Un psychodrame familial? Une satire au vitriol? Un film d'horreur cosmique? Disons tout ça à la fois. Soit un Blue Velvet pour enfants mis en scène par le curieux Bob Balaban, connu pour avoir fomenté quelques épisodes de La Quatrième Dimension et récemment revu comme acteur dans La jeune fille de l'eau, de M. Night Shyamalan où, souvenez-vous, il incarnait le critique de cinéma cynique qui menaçait la quiétude artistique de notre génie illusionniste et la naïveté de son conte. Rien que ça. Remontons dans le temps avec cet exercice de style eighties: Bob nous plongeait dans le cerveau d'un enfant autiste, mine inquiète, sourire absent qui, entre rêve et réalité, école et maison, dîner et dodo, s'imagine le pire. A savoir que son papa et sa maman, si charmants au quotidien et raides dans leur éducation, sont en réalité d'horribles cannibales. Quelque part entre Society, de Brian Yuzna (ma famille participerait-elle à des orgies cannibales?) et Paperhouse, de Bernard Rose (description sensible du monde de l'enfance), cette série B mordante, très ancrée dans son époque, joue la carte de la suggestion ouatée et en l'état tient plutôt bien la route.

"Ce que l'on retient de cette série B astucieuse, outre son atmosphère torve, ses brusques ruptures de ton, ses références aux gialli, ses allusions aux zombies des caves Fulciennes, ses effets discrètement virtuoses, c'est surtout le visage morne de son jeune héros autiste (Bryan Madorsky) qui passe par une gamme impressionnante d'émotions contradictoires allant de la tristesse à la peur sans jamais sourire. Dans le genre «performance de môme», on a trouvé plus perçant et flippant que le déjà has been Haley Joel Osment."


Nous sommes dans les années 50. Une famille lambda (un papa sérieux et baraqué avec des lunettes carrés, une maman fagotée comme toutes les mamans de l'époque, un gamin timide et absent) emménage dans une maison sucrée, semblable à toutes celles qui l'entourent. Très vite, le rêve tourne au cauchemar lorsque le marmot soupçonne ses parents d'être des cannibales féroces et commence à douter de la viande qu'il bouffe le soir à table. De quoi rire? Oui et non. Parents est un drôle de machin zozo remarqué en son temps, presque introuvable de nos jours, réalisé à la fin des années 80 par un cinéaste plus connu comme acteur, Bob Balaban. Un artiste qui, bonne nouvelle, n'avait pas peur de s'amuser avec son sujet potentiellement glauque. Là où il aurait été tellement plus facile de désamorcer l'horreur avec un humour au ras des pâquerettes et deux trois zébrures gores pour distraire les mirettes des impatients, Balaban préfère pénétrer de manière insidieuse dans la tête de son jeune protagoniste qui confond dangereusement ses fantasmes avec la réalité. Ou peut-être pas. A l'origine du trauma: une vision interdite: papa et maman qui aiment à s'envoyer en l'air comme des bêtes heureuses la nuit venue. Par la seule force de ses cadrages, du travail sur les échelles de plan et surtout de la durée propre à chaque scène, le cinéaste, doué, nous entraîne dans les méandres de son récit avec une déconcertante habileté. Avec une lenteur parfaite pour raviver les frousses enfantines. Avec cette sensation presque malsaine d'attendre qu'une vérité sorte du placard de la chambre.

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PARENTS

Un film de Bob Balabian

 

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