
BENOIT POELVOORDE : ACTEUR CAMELEON
Tout sur LES DEUX MONDES - La Critique - Photos - Le 2007-11-21 06:20:23
Fort du succès de ce film culte instantané, Benoît tente l'expérience publique des planches de théâtre avec un projet tout aussi atypique avec le One man Show Modèle déposé où il incarne un inventeur au coeur brisé, tendre et pathétique. Une performance qui force le respect, et qui le mènera directement dans l'écurie Canal, créant par la même le personnage de Monsieur Manatane. Fort en gueule, raciste et imbu de lui-même, le personnage aura droit à plusieurs rubriques particulières (Jamais au grand jamais et Les carnets de Monsieur Manatane, depuis sortis en coffret DVD) qui permettront à Benoît de faire encore une fois montre de sa verve inégalable et de son goût pour la comédie décalée et référentielle, miroir d'une société décadente et vouée à l'échec (le personnage se voyant souvent mis à mal par ses congénères ou par les machines qu'il emploie, se retrouvant même dans une parodie de La Planète des singes).
Passée la case Canal, le sieur Poelvoorde débute ensuite une carrière cinéma plus que fructueuse. Associé à des réalisateurs qui sauront exploiter son talent, l'acteur s'engagera dans des projets aussi drôles que pittoresques, et choisissant ses partitions avec le coeur. Il jouera ainsi le rôle d'un guide faussement sûr de lui dans Les Randonneurs d'un Philippe Harel qu'il retrouvera sur le touchant Vélo de Ghislain Lambert, campera dans Les portes de la gloire, un représentant essayant de faire appliquer à ses confrères travaillant dans de petites bourgades françaises, les méthodes d'une Amérique à échelle industrielle, et interprètera un père de famille ayant des envies de grandeur dans Les Convoyeurs attendent. Des rôles empreints d'un certain quotidien qui toucheront toujours de manière très juste un spectateur, y voyant le reflet humain de situations déjà vécues, avec la distance appréciable qu'offre celle de l'écran de cinéma.

Ce n'est qu'après ces petits films ayant remporté un succès d'estime certain que Benoît Poelvoorde est enfin considéré comme un acteur bankable et partage l'affiche de son premier grand budget avec Gérard Lanvin dans Le Boulet. Dans ce buddy-movie à la française, Benoît y joue les faire-valoir comiques mais tire admirablement son épingle du jeu alors que le film sera un succès public retentissant. Et c'est ainsi qu'il trouvera par la suite le pendant gros budget de ces petits rôles dont il apprécie tant le côté à la fois humain et décalé. A ce titre, Podium lui permettra de briller de tous ses feux en fan ultime de Claude François désireux de sublimer son idole au prix même de sa vie personnelle effacée par la passion. Epoustouflant, émouvant, le rôle marquera les mémoires et terminera d'asseoir Benoît au panthéon des acteurs francophones les plus appréciés de sa génération.
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