
CINE : LES AVENTURES DU PRINCE AHMED
Tout sur les aventures du prince ahmed - galerie de photos - Le 2007-11-22 03:31:51LES AVENTURES DU PRINCE AHMED
Un film de silhouettes de Lotte Reiniger
Réalisé en Allemagne entre 1923 et 1926
Scénario : Lotte Reiniger
Raconté par Hanna Schygulla
Collaborateurs : Berthold Bartosch, Carlo Koch, Alexander Kardan, Walther Ruttmann
Musique : Wolfgang Zeller
Date de sortie : 06 décembre 2007

Le film se découpe en 56 actes : « Les pouvoirs du mage africain », « L'Histoire du Prince Ahmed », « Aventures en Chine », « Aladin et la lampe merveilleuse » et « La Bataille des esprits de Wak-Wak ». Comme vous l'aurez sans doute remarqué, ces aventures s'inspirent des Contes des Mille et une nuits et en particulier de deux d'entre eux, « Aladin et la lampe merveilleuse » et « le Cheval volant ». Un film d'inspiration oriental donc. On peut s'étonner en considérant les différents chapitres de la diversité des mondes évoqués : cela aurait pu faire un peu « fourre-tout » dans le scénario. En fait, contrairement à ce que peut laisser penser le découpage en actes, il s'agit bien d'une seule et même histoire, celle du Prince Ahmed, et le film ne se perd pas dans une multiplicité d'évocations, conduisant fermement son personnage dans différents lieux du monde, grâce au cheval magique. Certes, on en garde une impression d'accumulation un tout petit peu lourde mais cela n'est pas très gênant puisqu'on reste attaché au personnage et à son parcours.

Réalisé entre 1923 et 1926, Les Aventures du Prince Ahmed est considéré comme le premier long métrage d'animation de l'histoire du cinéma et s'intègre dans la tradition des films de silhouettes et des films d'ombres, le plus célèbre à notre époque étant Princes et princesses de Michel Ocelot. Ce dernier avait manifestement plus de moyens techniques à sa disposition. En effet, le film de Lotte Reiniger ne dispose que des silhouettes de papier, d'une plaque de verre et d'un éclairage. Et la mise au point de la caméra 16 mm n'est pas toujours parfaite, le cadrage également. Mais quelle utilisation imaginative des ces quelques moyens ! Rien qu'avec eux, la réalisatrice évoque des univers très différents avec un souci du détail qui montre un grand perfectionnisme. Il faut noter en particulier le souci du détail dans les découpes des vêtements des personnages mais aussi leurs mains. Car les mains de personnages sont aussi révélatrices de leur personnalité et de leur fonction dans l'histoire : elles sont fines et graciles pour les princesses, les ongles du roi de Chine sont très longs, les doigts du mage africains sont sinueux et leur graphisme, heurté... Les détails des scènes, tels que les serviteurs, les palais... présentent le même souci du détail. Les fonds et les paysages sont moins réussis esthétiquement mais il faut se rendre compte de la difficulté de rendre par l'image des silhouettes une tempête en pleine mer par exemple ! De plus, les expressions et les sentiments des personnages sont rendus efficacement par les silhouettes grâce à une liberté prise avec celles-ci : parfois les yeux et les sourcils sont mis en contraste entre ombres et lumière.
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