
L'IMAX : LE FUTUR DU CINEMA ?
Tout sur LA LEGENDE DE BEOWULF - La Critique - Photos - Le 2007-11-22 08:10:23
Quant aux réalisateurs, ils commencent à saisir l'ampleur du phénomène. Sur son site officiel, Michael Bay n'hésite à pas à vanter les mérites du format : « L'IMAX est l'avenir du cinéma. » Même enthousiasme pour Christopher Nolan qui va même jusqu'à tourner quatre scènes clés du prochain Batman en IMAX afin d'offrir aux spectateurs une expérience visuelle hors du commun dans les salles équipées. Alors, quels sont vraiment les avantages d'une projection IMAX par rapport à une séance de cinéma traditionnelle ? Faut-il s'attendre à un développement fulgurant du format dans les prochaines années ? Coup de pub ou vrai plus value pour le spectateur ?
L'IMAX pour « Image Maximum » est un procédé cinématographique qui repose sur un postulat simple : plus une pellicule est grande, meilleure est son potentiel de définition. Dans les années 50, 60, le summum de qualité dans l'enregistrement et la projection d'image se nomme le 70 mm. Les salles les plus prestigieuses sont équipées de projecteurs 70 et les super productions de l'époque s'affichent en format large. Parmi les plus connues : Lawrence d'Arabie, Playtime, Spartacus, 2001 : l'odyssée de l'espace...

Grâce à une pellicule deux fois plus large qu'en projection traditionnelle, le 70 mm s'affranchit d'une technique synonyme de perte de qualité en 35 mm : l'anamorphose. En effet, sur pellicule 35 mm, chaque image a une dimension de 22 mm de large sur 11, 90 mm de haut. Le reste de la place est monopolisé par la piste son et les perforations qui bordent de chaque côté la pellicule. Le rapport image / hauteur de 1.22 bien loin du format 2.35 qui correspond au ratio d'une image en cinémascope. La seule façon de faire rentrer une image panoramique dans un cadre proche d'un carré est de la comprimer. Sur la pellicule, les personnages ou objets semblent alors totalement affinés. On dit alors que l'image est « anamorphosée ». A la projection, un objectif spécial est utilisé afin de redonner à l'image son aspect d'origine.
Toujours utilisée actuellement, la technique de l'anamorphose en 35 mm n'est pas sans conséquence qualitative. En effet, comprimer l'image (sur pellicule) et la décomprimer (à la projection) implique un triturage optique qui a tendance à nuire à la netteté. Les objectifs utilisés dans les cabines de projection pour les films en cinémascope (appelés anamorphoseurs) peuvent comporter jusqu'à 10 lentilles. Sur une copie d'exploitation standard, cela peut se traduire par des plans flous ou un manque de piqué général.
Au contraire, le 70 mm s'impose comme le format idéal pour les films en cinémascope. En effet, chaque image fait 48 mm de large pour 22 mm de haut soit un ratio de 2.18 bien plus proche du cadre panoramique du format 2.35. En outre, le 70 mm désigne le format de projection en salle. Lors du tournage, les caméras utilisent un négatif de 65 mm puisque le son n'est pas enregistré sur la pellicule qui est uniquement destinée à l'image. Cela correspond à un ratio 2.20 idéal pour une transposition sur copie 70 mm d'exploitation. Très rapidement, certains réalisateurs comprennent l'intérêt du format et utilisent la capacité du 70 mm à enregistrer et reproduire des scènes spectaculaires. A la projection, c'est la garantie pour le spectateur de découvrir une image nette, à la profondeur de champ inégalée, fidèle à la vision des cinéastes.

Pourtant, le procédé a ses limites. La pellicule 70 mm s'use aussi rapidement qu'en 35 mm ce qui se traduit par des poussières intempestives voire des rayures si le matériel est mal chargé par le projectionniste. Il suffit d'une mauvaise manipulation pour détériorer définitivement des copies particulièrement coûteuses. En défilant à raison de 24 images par seconde, la pellicule 70 mm arrive de façon saccadée dans le couloir de projection. Des patins exercent une pression constante sur les manchettes de la pellicule mais cela ne suffit pas à la maintenir parfaitement stable. A l'écran, cela se manifeste par un léger manque de fixité qui peut varier d'une bobine à l'autre. De plus, les projecteurs 70 mm sont bridés par la puissance lumineuse des leurs lanternes qui ne vont guère au-delà des 8000 watts. Pour la projection sur très grand écran (au-delà de 25 mètres de base), cela peut poser des problèmes.
Le système est donc perfectible et le format ultime reste à inventer.

















































