L'actualité du DVD nous permet de nous pencher sur le cas de l'écrivain
Stephen King, grand manitou de la littérature fantastique et d'horreur américaine. Souvent adapté et trahi par des cinéastes peu scrupuleux,
Stephen King possède une filmographie imposante qui pourrait presque égaler sa bibliographie, si celle-ci n'était pas aussi impressionnante. Revenons par étapes sur les adaptations de ces oeuvres célébrées et lues dans le monde entier.
1976 - 1980
Quand il parvient à faire publier
Carrie, son premier roman, en 1973, Stephen King est loin de se douter qu'il allait devenir l'écrivain le plus vendu au monde. Comme Hollywood s'intéresse rapidement à ses histoires fantastiques et d'horreur, son oeuvre va rapidement être adaptée sur grand écran, et on peut parier que cette émulation entre la littérature et le cinéma est pour beaucoup dans le succès grandissant de l'auteur. De premier roman à être publié,
Carrie devient alors la première adaptation cinématographique inspirée de Stephen King.
Brian De Palma, auréolé du succès de
Phantom of the Paradise, se charge de raconter le martyr de la jeune Carietta White, adolescente timide et réservée mise au banc de la société à cause de sa mère bigote et de ses pouvoirs télékynésiques. Publiquement humiliée à la soirée du bal de fin d'année, elle déchaîne alors sa vengeance contre toute l'école et commet un massacre irrémédiable. Le film, excellent, satisfait pleinement Stephen King et connaîtra un succès certain, qui permettra à l'écrivain d'exploser sur le devant de la scène. Il faudra attendre cependant trois ans pour qu'un autre de ses romans soit adapté, et ce sera cette fois pour la chaîne de télévision CBS. Il s'agit de
Salem, devenu chez nous
Les Vampires de Salem. Le téléfilm de
Tobe Hooper (
Massacre à la tronçonneuse), d'une durée de 3 heures, sortira en salles en Europe en 1979, dans une version amputée de moitié. Ce montage pour les salles est très peu cohérent et fidèle au roman qui raconte comment une petite ville américaine est infestée par des vampires. Forcément, le film connaît un bide en salles, mais reste apprécié des fans dans sa version complète. L'année suivante, c'est le grand
Stanley Kubrick qui adapte Stephen King avec
Shining, une oeuvre sur la folie dans laquelle
Jack Nicholson livre une prestation hallucinée. Stephen King n'hésite pas à se plaindre publiquement de cette adaptation, qu'il considère comme ratée car elle ne colle pas fidèlement à son roman. Le film sera néanmoins un succès et lancera pour de bon la réputation cinématographique de l'auteur, qui sera de plus en plus adapté dans les années à venir.
1981 - 1985
Grand fan de
La Nuit des Morts-vivants, Stephen King décide de s'associer avec le cinéaste
George A. Romero pour adapter certaines de ses plus courtes nouvelles dans un film à sketches intitulé
Creepshow. Le résultat est excellent et rend un hommage nostalgique aux EC Comics d'horreur des années 60 tout en marquant son époque. Même si King, qui joue le rôle d'un benêt dans le dernier des sketches, se révèle bien mauvais acteur, le film connaît le succès à sa sortie en 1982. 1983 marque une année charnière pour l'auteur, qui est adapté trois fois au cinéma avec
Cujo, Dead Zone et
Christine, les deux derniers étant respectivement adaptés par les maîtres du fantastique que sont
David Cronenberg et
John Carpenter. Trois adaptations, trois réussites majeures du cinéma fantastique qui offrent un aperçu de l'imagination débordante de Stephen King, capable de faire peur aussi bien en racontant l'histoire d'une mère et de son fils attaqués par un chien enragé qu'en couchant sur papier les aventures horrifiques d'une voiture possédée par un esprit maléfique. Le succès n'attirant pas forcément que la qualité, les prochaines adaptations du King vont cependant se révéler moins éclatantes, d'autant qu'elles ne sont pas prises en charges par des noms aussi imposants que ceux de Kubrick, Carpenter ou encore De Palma. Sortis en 1984,
Charlie de Mark L. Lester et
Les Démons du Maïs de Fritz Kiersch capitalisent sur le nom de l'auteur sans pour autant offrir la même qualité d'adaptation. Dans le premier, la très jeune
Drew Barrymore incarne la Charlie en titre, recherchée par le gouvernement car elle est capable de provoquer et contrôler un feu. Dans le second,
Linda Hamilton (
Terminator) se bat contre des enfants satanistes du fin fond des Etats-Unis. Des oeuvres oubliables, qui ont néanmoins donné naissance à plusieurs suites encore plus déplorables. L'année suivante, deux autres productions ne viennent pas relever le niveau, puisque le ridicule film de loups-garous
Peur Bleue (aucun lien avec le film éponyme de
Renny Harlin) et l'inégal film à sketches
Cat's Eye de Lewis Teague (réalisateur de
Cujo) ne connaissent qu'une sortie confidentielle, à peine relayée par les fans les plus ardents de Stephen King.