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LES FILMS D'HEROIC FANTASY PART.2 : LE TRIOMPHE DU SEIGNEUR

LES FILMS D'HEROIC FANTASY PART.2 : LE TRIOMPHE DU SEIGNEUR

Tout sur LA LEGENDE DE BEOWULF - La Critique - Photos - Le 2007-11-26 12:06:31


Sérieusement entamée par une longue succession de navets cosmiques, la débandade de l'Heroic Fantasy ne prendra fin que sous la signature de ceux qui ont plus ou moins initié le courant au tournant des années 70-80. Dino De Laurentiis presse une dernière fois le jus qui le lie à sa pauvre vedette Arnold Schwarzenegger, l'affuble d'une Brigitte Nielsen fraîchement sortie de l'usine à stéroïdes, et emballe le consternant Kalidor, sorte de film de vacances d'une famille culturiste dans les forêts napolitaines. Mais le coup fatal viendra du papa de Star Wars, George Lucas, jouissant encore à l'époque d'une réputation en béton armé d'homme qui connaît et satisfait les désirs du public. Le tournage de son Willow est suivi avec attention par tous les chroniqueurs, prévoyant pour le film un raz de marée au box-office qui imposera définitivement la façon de traiter l'Heroic fantasy sur grand écran. Willow est lancé en grande pompe, squatte les journaux télévisés, fait l'ouverture du Festival de Cannes... et se ramasse en beauté. Attendu deux ans tel des messies, Lucas et Ron Howard compilent en un seul film toutes les erreurs, tout l'infantilisme, tout le jeunisme, tous les tics opportunistes qui ont assassiné le genre durant ces maudites années 80. Pour les analystes boursicoteurs, l'affaire est entendu : l'Heroic Fantasy, ça marche pas, ça plaît pas au public, on oublie. Inutile de compter sur eux pour notifier la qualité déplorable des films en question, ou même prendre le temps d'observer la vague de plus en plus imposante des JDR et des jeux vidéo, où le genre s'impose avec évidence (pour les directeurs marketing, au moins ceux de l'époque, les gens qui regardent des films et ceux qui jouent aux videogames bne font jamais les deux à la fois, ce sont deux publics qui vivent sur des planètes différentes).
Ainsi, à l'époque même où Warhammer envahit les collèges, où Donjons et Dragons devient un nom connu même chez PPDA ou Ockrent, et où de nouvelles éditions du Seigneur des Anneaux sont publiées sous les illustrations d'Alan Lee et de John Howe, l'Heroic Fantasy s'effondre au cinéma.


Les choses vont timidement reprendre forme du côté du Japon, où les distinctions entre les champs culturels (films, dessins animés, jeux vidéo) ne sont pas aussi fermes qu'en Occident. Dès 1990 paraissent les premières OAV des Chroniques de la Guerre de Lodoss, qui respectent à la lettre le déroulement, le ton, les enjeux qui font la culture du JDR. En 1994, le studio Square Soft voit les ventes de son jeu Final Fantasy grimper exponentiellement sur le continent asiatique. Une série d'OAV, basé sur l'univers de Final Fantasy, est confiée au studio Mad House sous la direction de Rin Taro (Kamui, Metropolis). De Chrono Cross à Zelda en passant par Legend of Crystania, Ran la légende verte, Berserk, Escaflowne, El Hazard, Bastard, la progressive ouverture de l'Occident à la culture manga-anime-jeux video va ainsi doucement ressusciter le goût des guerriers, des orques et des elfes en Europe et aux Etats-Unis (où apparaissent les Baldur's Gate, Diablo, Dungeon Keeper et autres Warcraft) jusqu'au triomphe de La Princesse Mononoke.

Entre temps, en 1994, lorsque Mel Gibson décide d'entreprendre en relative indépendance son projet Braveheart, les chroniqueurs hollywoodiens, reconnus pour le flair, préfèrent de loin se concentrer sur le glamour du film Lancelot, où Richard Gere mâche du chewing-gum sous son brushing tout en jouant sur des plateformes de fête foraine, et où Sean Connery fait visiter le château du parc EuroDisney à sa jeune épouse cheerleader. Inutile alors d'essayer d'expliquer à ces gus que le succès vraiment surprise du film médiéval de Mel Gibson est en partie dû aux rôlistes et assimilés, qui ont reconnu dans sa mise en scène, dans sa crasse et dans sa violence épique la tonalité et l'esthétique qu'ils espèrent un jour appartenir à un film d'Heroic Fantasy. C'est évidemment le contraire qui va se produire, et l'esthétique « tutti frutti flashy regarde comme c'est mignon » de Lancelot se retrouvera partiellement sur Coeur de Dragon (1996) où un Sean Connery de 10 mètres fait des blagues de potache en crachant des flammes. Le succès de Braveheart ne commencera à être assimilé que lorsque Touchstone décidera de lancer la production des Mangeurs de Morts, adaptation du mythe de Beowulf couplée aux écrits de l'arabe Ibn Fadlan. Cette oeuvre de pure Dark Fantasy est dotée d'un budget conséquent et confiée aux rênes du maître John McTiernan. Mais en cours de post-production, la catastrophe se profile. La vedette du film, Antonio Banderas, connaît un succès important avec son film Le Masque de Zorro, et forcément les marketeux de service se mettent en tête de complètement modifier le dépressif Mangeurs de Morts pour tenter de le faire passer pour un film d'aventures souriant et ensoleillé. Le film est retitré Le 13ème Guerrier ; il est expurgé de plus de trois quart d'heures ; le montage est retiré au réalisateur et confié au producteur Michael Crichton ; la musique tribale de Graemme Revell disparaît ainsi que la plupart des séquences « dark » que l'on pouvait admirer dans la toute première bande annonce. Et comme à chaque fois qu'Hollywood tente de transformer in extremis un éléphant en girafe, les comptables imbéciles n'obtiennent au final qu'un éléphant déformé : Le 13ème Guerrier est un échec public total, considéré alors par l'essentiel des chroniqueurs comme l'un des « plus mauvais films de l'année ».


C'est dans cette ambiance délétère, fin 1998, que le studio New Line annonce le début de la production de trois films adaptés du Seigneur des Anneaux, tournés back-to-back en Nouvelle Zélande, sous la direction de Peter Jackson. Rappelons-le pour ceux qui seraient tentés par le révisionnisme : cette annonce fait chou blanc ; les médias du monde entier s'en foutent comme de l'an quarante (« Jackson ? Le réalisateur de Volcano ? » m'entendais-je dire à l'époque) et dans les mois qui suivront, les chroniqueurs préfèreront réserver leur couverture à des projets vraiment importants qui ont des chances d'être de vrais dates dans l'Histoire du Cinéma (La Plage, Capitaine Corelli, Le Mexicain) plutôt que d'aller renifler le tournage d'un film d'heroic fantasy dans lequel y'a même pas Sean Connery.

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LES FILMS D'HEROIC FANTASY PART.1 : UN GENRE MAUDITLES FILMS D'HEROIC FANTASY PART.1 : UN GENRE MAUDIT

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verecktr ??    07 déc
Dricton et bin moi    02 déc
Wingfoot Rakif le (vrai) barbare    27 nov
Graindesable Merci Mr Djoumi pour ce texte ... et    26 nov
Reznik Un genre phare en BD    26 nov
 


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