
TICKETS
Un film de Ken Loach, Abbas Kiarostami et Ermanno Olmi
Avec Valeria Bruno Tedeschi, Carlo Delle Piane, Silvana De Santis
Durée : 1h55
Date de sortie : 28 novembre 2007

Film à sketchs comme le cinéma en a offert beaucoup durant les années soixante, Tickets renoue avec une tradition qui reprend vie depuis quelques années. En témoignent du côté de l'Asie, Triangle dont la sortie est imminente ou avant lui, 3 histoires fantastiques ou 3 extrêmes par exemple. Mais cette tendance récente qui n'est pas pour nous déplaire, a le mérite de permettre à des auteurs de renom, parfois en mal de financements et non de projets, de retrouver l'occasion de s'exprimer dans un cadre stimulant et suffisamment contraignant pour repenser le rapport qu'ils entretiennent au cinéma.
Films de geste ou d'inspiration, sorte de compilations de nouvelles cinématographiques centrées sur un thème rassembleur, Tickets est ainsi l'occasion de retrouver Ermanno Olmi, l'auteur de L'arbre aux sabots récemment ressorti en DVD par Carlotta, derrière la caméra et le voir collaborer avec deux artistes, palmés eux aussi à Cannes dans les années 1990.
Un genre par essence disparate
Par définition inégal dans la mesure où l'ensemble ne propose aucune continuité stylistique, formelle et narrative à l'exception de l'idée de départ - suivre des personnages qui s'entrecroisent dans un train -, Tickets étonne déçoit et ravit en même temps. Propice tantôt à la déception et plus sûrement à la surprise, le métrage composite parvient toutefois à l'essentiel, nous réserver une belle surprise cinématographique et ne pas indifférer.

En effet, le premier segment signé Olmi reste assez terne et peu intéressant du fait d'une organisation narrative reposant sur une chronologie perturbée et un montage alambiqué, ainsi, l'ensemble présente peu d'attrait alors que l'histoire de l'expert scientifique se perdant dans ses pensées aurait mérité un traitement peut-être plus littéral, moins austère. En fait, il faut en convenir, l'ensemble manque plus sûrement d'inspiration et d'emphase. Au point que l'on appréhende assez vite la suite. Et c'est justement là où ce qui fait la faiblesse même du film à segments devient sa force, c'est qu'à mesure que la déception pointe avec la première histoire, la seconde en emporte le souvenir et nous avec lui.
Ou comment le cinéma peut surprendre en un instant et se sauver malgré l'anormalité de ses structures les plus difformes.





































