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CINE : LES FAUSSAIRES

CINE : LES FAUSSAIRES

Tout sur LES FAUSSAIRES - galerie de photos - Le 2007-11-27 05:31:48


    Depuis plusieurs mois, le cinéma allemand nous habitue à des perles cinématographiques. De véritables surprises qui nous fascinent, nous, spectateurs et qui confirment une véritable tendance : le cinéma d'Outre-Rhin est certainement aujourd'hui la production européenne la plus riche et intéréssante. Après La vie des autres ou De l'autre coté, voici donc Les Faussaires, réalisé par Stefan Ruzowitzky, connu pour son travail sur la franchise d'horreur Anatomie... Témoignant d'une véritable opération menée par les nazis lors de la seconde guerre mondiale en collaboration avec des experts juifs, Les Faussaires raconte une petite histoire pour illustrer la grande. Intelligent, osé et offrant un nouveau point de vue sur les camps de concentration, le film allemand qui fera parler de lui en début d'année prochaine sera certainement celui-ci...

LES FAUSSAIRES
Un film de Stefan Ruzowitzky
Avec Karl Markovics, August Diehl, Devid Striesow, Martin Brambach
Durée : 1h38
Date de sortie : 06 février 2008

les faussaires

Salomon "Sally" Sorowitsch est un artiste spécialisé dans la réalisation de faux billets de banque. Juif sous l'Allemagne nazie, il est arrêté puis envoyé dans un camp de concentration. Mais Sally est vite transféré dans un camp plus agréable, les nazis souhaitant qu'il collabore à l'Operation Bernhard : affaiblir l'économie des alliés en produisant de fausses livres sterling et de faux dollars. Lui et ses compagnons se retrouvent face à un dilemne : aider les nazis ou mourir...

Le film de Stefan Ruzowitsky est une oeuvre inattendue. Traitant d'une histoire vraie jamais évoquée au cinéma auparavant, l'opération Bernhard menée par les nazis visant à affaiblir l'économie des alliés en collaboration avec des faussaires juifs, le long métrage permet de s'immiscer dans la vie de prisonniers privilégiés dont la survie dépendait de leur capacité à servir au mieux le IIIème Reich. Prenant pour personnages principaux un petit groupe de juifs tiraillés entre leur sentiment de culpabilité, celui d'être « mieux traités » et leur volonté de survie, le film fonctionne sur de riches questionnements sur la nature humaine et ses travers. Dans un contexte aussi épineux que celui des camps de concentration, il est important de noter que les ambitions sont louables, osées et parfaitement servies par un casting d'une justesse incroyable.

les faussaires

En faisant le pari de prendre pour héros (excellent Karl Macovics) un homme physiquement antipathique, mystérieux, interréssé et dont les intentions restent pendant longtemps insoupçonnables, le réalisateur nous fait entrer dans son récit avec parcimonie et nous laisse en retrait face au sujet, le temps d'installer son intrigue. En effet, qu'allons nous voir ? La vie dans les camps de concentration ? Un film de guerre sur une mission de sabotage ? Le questionnement d'un survivant, victime de son statut ? Tout ça à la fois...

En effet, Les Faussaires se révèle être une réfléxion complète sur le statut de prisonnier, sur le syndrôme du survivant et la culpabilité. Ces personnages qui tenteront par tous les moyens de saboter leur travail afin de ralentir la production de faux billets le font pour soulager leur conscience tout en étant lucides sur leur statut de complices. A la fois victimes de leur désir de survie et prêts, dans une certaine mesure, à sacrifier leurs vies pour freiner l'opération, les personnages évoqués sont profondément humains et éminament vrais. Tombant rarement dans le consensuel, Ruzowitsky fait évoluer ses personnages, leur fait prendre des risques et se permet parfois de mettre à bout de nerfs le spectateur. L'enjeu était de taille : réaliser un film exaltant, à la manière d'un thriller tout en évocant la crauté de l'Holocauste. Le résultat est formellent à la hauteur, tout comme le fond est véritablement passionnant. Divertissant, dans le meilleur sens du terme, Les Faussaires l'est réellement...

les faussaires

Après avoir mis en scène les deux volets de la franchise Anatomie ainsi qu'un très mauvais film de guerre avec Matt LeBlanc, personne n'attendait le cinéaste allemand Ruzowitsky au tournant... Le personnage n'était donc pas destiné à réaliser une oeuvre d'une aussi belle envergure. En effet, il réussit ici à imposer une mise en scène classieuse, un jeu d'acteur particulièrement juste et à dévélopper un récit riche en rebondissements et une dramaturgie parfaitement maîtrisée. Son apport au film est évident, il laisse vivre ses personnages et offre à certaines séquences une dimension profondément émouvante tout en évitant les poncifs. Ce film de guerre, tiré d'un roman intitulé L'atelier du Diable pose des questions universelles tout en réalisant avec passion son travail de mémoire...

Kevin Dutot

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pak Exprime un non ferme à l'oubli de l'indicible. 7    09 mars
 


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