
L'UNIVERS DES FRERES FARELLY
Tout sur LES FEMMES DE SES REVES - La Critique - Photos - Le 2007-11-28 07:33:55Plongée dans un univers de deux cinéastes qui se sont toujours attelés au bonheur simple du spectateur, avec le plus grand respect et une bonne dose d'idées folles... 13 ans de cinéma, 9 films, un petit bonhomme de chemin qui n'a pas fini de nous faire marrer !

« TIENS, SI ON FAISAIT UN FILM SUR DEUX GROS DEBILES ? »
Tout commence avec les tâches les plus célèbres du cinéma américain, Dumb et Dumber, alias Jim Carrey et Jeff Daniels qui se payent le luxe de réaliser les pitreries les plus régréssives jamais filmés sur grand écran. Depuis, les neuneus de la série télévisée Jackass leur ont volé la couronne... Alors que d'accoutumée les jeunes réalisateurs cherchent à être les plus présentables lors de leur première réalisation, les frères Farrelly décident de réaliser un film profondément con (c'est le mot) où les deux protagonistes principaux ne sont pas moins que des abrutis profonds, sexuellement frustrés et qui se trouvent être le chaînon manquant entre le singe et l'homme. Mais le film surprend par la naïveté et l'innocence qui s'en dégage, les deux comédiens réussissent également à devenir attachants et le film prend une dimension humoristique décalée et déconcertante. Nous sommes dans les prémices du cinéma des frères Farrelly, un cinéma porté sur l'humain, qui poussé dans ses retranchements, tombe dans le grotesque le plus hilarant mais également dans l'ingénuité la plus pure. Un étrange sentiment donc. Leur deuxième film, Kingpin, inédit dans nos salles, renforce cette édifiante nature des frères Farrelly : ils aiment leurs personages, tous sans exception. Dans cette production de 1996, Bill Murray y interprète une ordure de premier choix, un gars égocentrique et odieux qui reste néanmoins drôle et symptahique, paradoxal ? Pas pour les frères Farrelly ! Un duo qui décide, contre vents et marées, de construire leurs comédies sur une galerie de personnages forcément tarés, à la limite du freak angoissant parfois, mais sur lesquels Peter et Bob portent un regard de gosse, proprement tendre et sans jugement...

MARY A TOUT PRIX, OU LA GROSSE CON-SECRATION
Troisième film et premier gros succès pour les frères réalisateurs qui décident ici de passer à la vitesse supérieure. Ils ont confirmé la facette en caoutchouc de Jim Carrey, ils vont désormais révéler la tête d'un certain Ben Stiller au monde entier. Si le comédien est dèjà connu aux Etats-Unis pour son show télévisé et son travail de réalisateur pour Disjoncté (en collaboration avec Jim Carrey), Stiller est un nom inconnu ou presque pour le reste de la planête ! Si les frères doivent se battre pour imposer le nom du comédien aux prodcteurs de la Twentieth, c'est par contre avec des amis et des proches que les cinéastes forment le castinf d'arrière plan ! Figurants, petits rôles, caméos... Mary à tout prix est un film de potes et un vrai portrait de famille. L'attachement des frères pour leurs amis et les gens qu'ils aiment se ressent dans tous leurs films. Leurs long-métrages sont dédicacés, inspirés de faits réels et sont, en quelques sorte, des hommages aux gens atypiques que le clan Farrelly se plaît à cotoyer. Ainsi le personnage de Mary, interpretée par une Cameron Diaz craquante, aide son frère quelque peu débile et obssessionel et se rend plusieurs fois par semaines à des matchs de base-ball avec tous ses autres amis, arrièrés eux aussi. Si les ressorts comiques sont nombreux, l'attachement aux personnages est immédiatement visible et le choix de demander à de véritables hommes et femmes atteints de troubles mentaux de rire d'eux même avec d'autres comédiens est louable et typique du travail des réalisateurs. Ils ne portent jamais un regard pathétique sur ces personnes, ils font partie intégrante du film et ne servent pas de faire-valoir aux comédiens. Ils font certes sourire, nous rende hilares également et c'est le but, mais ils apportent au film une authenticité que peu de comédies américains peuvent prétendre ! Le thème de la différence, de l'acceptation de l'autre et de soi, s'il apparâit en filigrane dans Mary à tout prix, deviendra le fer de lance de l'humour estampillé Farrelly... Le succès planétaire de Mary à tout prix va donner des ailes aux cinéastes qui vont réussir à mettre en chantier des projets bien plus risqués et prenant pour sujet des gens que le cinéma oublie souvent. Ils vont en effet se permettre de traiter de profonds complexes humains avec un humour des plus potaches étrangement mariné dans une bonne dose d'intelligence !
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