
CRITIQUE CINE : COMME DES VOLEURS (A L'EST)
Tout sur COMME DES VOLEURS (A L'EST) - galerie de photos - Le 2007-11-30 15:09:33Comme Des Voleurs
Réalisé par Lionel Baier
Avec Natacha Koutchoumov, Lionel Baier, Alicja Bachleda-Curus...
Sortie le 5 décembre 2007
Comme Des Voleurs est un film de Lionel Baier, écrit par Lionel Baier, avec Lionel Baier dans la peau d'un personnage se nommant Lionel Baier. Tout de suite, la dichotomie autobiographie/autofiction s'impose. Pourtant, cette oeuvre n'est pas un film sur Lionel Baier. Bien sûr, la dramaturgie est intimement liée aux auteurs qu'il aime et qu'il cite (Lars Von Trier, John Ford...). Mais la fiction prend le dessus et s'étire dans un road movie touchant impliquant un frère et sa soeur. Enfin, pas tout de suite...

Tout d'abord, il y a une histoire qui cherche son rythme dans un film traversé par des acteurs non professionnels. Mais derrière la caméra, ce n'est pas le Bruno Dumont de L'Humanité. Le jeune réalisateur tente d'imposer son univers et son personnage lunaire dans une vérité du quotidien. Lionel vit avec son ami, dans une relation homosexuelle refoulée devant les parents du héros. Il y a la question d'assumer ses désirs et de les dévoiler au grand jour. L'envie de partir à la recherche de ses racines polonaises en se demandant si ce n'est pas tout simplement une volonté de fuir son quotidien au lieu de l'affronter. Lionel se sent polonais pour échapper à son bonheur trop simple. Il se l'avoue à demi mots, se débat avec ses sentiments. Il me revient une belle phrase d'Alain Guiraudie, qui semble être la façon de vivre du Lionel Baier du film: "Poursuivre ses rêves au lieu de les réaliser".
Le cinéma de Baier est traversé par les fantômes de Blaise Cendrars et de L'Or. Lisant des passages du roman, le protagoniste s'échappe dans des contrées désertiques comme autant de prémonitions de son futur voyage. Les fantômes du passé et la recherche de celui-ci sont au centre d'un métrage souvent bancal dans ses intentions de mise en scène, mais rattrapé par l'énergie constante véhiculée par les situations dramatiques. Puis, sa soeur, jusque là personnage secondaire qui tente d'exister dans la galerie familiale, va tout chambouler. Kidnappant son frère, ils vont faire route à l'est, à la conquête d'un ailleurs, à la poursuite d'ancêtres qui ne sont qu'une vague vision aquatique qui introduit le film: un cheval qui se noie. Autour, un tremblement sonore indistinct dont on apprendra la vraie nature.

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