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LES FILMS A SKETCHES

LES FILMS A SKETCHES

Tout sur TICKETS - La Critique - Photos - Le 2007-11-29 04:43:40


Les films à sketchs ou comment revenir à une tendance passée qui correspond bien à notre époque

Depuis quelques mois, refleurissent dans nos cinémas, des films que durant des années, on ne voyait plus. Ces films, ce sont les films à sketchs, métrages réunissant autour d'une idée, d'un concept, un ou plusieurs cinéastes souvent connus pour que chacun traite à sa manière du thème choisi et s'associe aux autres. L'idée étant d'aboutir en définitive à une oeuvre collective de prestige, soucieuse de condenser les effets du cinéma dans des segments qui à la manière des nouvelles littéraires vous emportent dans des univers aussi différenciés et riches que brefs dans leur existence.


Citons en pêle-mêle quelques uns apparus récemment dans nos salles : Chacun son cinéma et ses quarante cinéastes renommés, Paris, je t'aime et les vingt zélateurs de notre belle capitale, Destricted et son aréopage transgressif, Triangle et son casting trois étoiles pour tous les amateurs de cinéma d'action asiatique (Ringo Lam, Johnnie To et Tsui Hark) ou encore le dernier Tickets, occasion unique de rassembler dans un exercice de haute volée, l'immense Abbas Kiarostami, le toujours touchant Ken Loach et Ermanno Olmi, l'auteur des Sabots de Bois, Palme d'Or 1978. Mais l'on se souviendra également avec profit de New York Stories réunissant Scorsese, Coppola et Allen ou encore de son pendant dramatique 11/09/01 : September 11 ou du plus déjanté, Four Rooms qui unissait déjà en 1995, Tarantino et Robert Rodriguez.

Le retour du film à sketchs, une réalité sociologique ?

Après ce bref survol de l'actualité passée, récente ou à venir, il est aisé de prendre conscience du retour en grâce d'un genre qui connut ses heures de gloire dans les années soixante et soixante dix avec la comédie italienne notamment, cela à un moment de l'histoire du cinéma où son économie imposait et permettait en même temps de donner leur chance à de nouveaux talents émergents en leur demandant à la fois de l'audace et une absence de risques financiers.


Mais notre époque semble retrouver avec un plaisir non dissimulé, un goût marqué pour ces films bâtards au sens le plus noble qui soit. Venus d'ailleurs le plus souvent, fleurant bon la comédie dans la majorité des cas et osant toujours pour mieux surprendre, ils retrouvent une popularité que leur avaient refusée les décennies 1980 et 1990. A l'instar d'une autre forme courte, le court-métrage, le film à sketchs profitent de la démultiplication des images via les réseaux, d'une envie d'autre chose dans nos salles et surtout d'une tendance au refus du formatage ou a contrario, pour les plus pessimistes, d'une nécessité de faire bref et simple tant le temps de cerveau disponible et la volonté de réfléchir tendent à décroître au profit du seul divertissement.

En effet, on ne peut faire abstraction d'une donnée à la fois sociologique et culturelle fortement ancrée, notre société tend à privilégier le zapping, le changement, la multiplication et donc la vitesse au détriment du temps, de l'expérience de longues expositions et de la réflexion. On le voit à la « consommation » des films d'auteur en parts de marché et l'évolution du public cinéphilique dans un contexte de forte concurrence. De même, au stade de la production, le formatage financier et télévisuel induit une démarche parallèle et consubstantielle à ce besoin d'accélération et d'accessibilité dans le rapport concurrentiel à la chose visuelle : tout doit aller plus vite et être cadré pour ne pas égarer les spectateurs potentiellement les plus nombreux. Ainsi, on refusera le propos qui amène la transgression ou le refus pour rechercher le consensuel et la facilité. Et quoique l'on en pense, le format court en ne permettant que des développements a priori sommaires pourrait s'avérer une solution. Néanmoins, cette idée aussi séduisante qu'elle soit pour les atrabilaires, les cyniques et les déclinologues est à relativiser car le cinéma du film à sketchs offre souvent plus que nombre de films sortis dans nos salles.

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