

La Terre a traversé de nombreuses crises et cataclysmes. Les hommes vivent dans la peur et dans l'obscurité car les ténèbres voilent désormais la lumière du soleil. Dans cet univers hostile, erre un homme maudit et solitaire, Beowulf, fruit des amours interdites d'une mortelle avec le diable. Pour vaincre le monstre qui est en lui, Beowulf doit combattre le mal. Son plus redoutable adversaire est une créature tapie dans les combles d'une forteresse. Invincible, d'une sauvagerie sans nom, elle tue quotidiennement puis disparaît dès l'aube... « Ouaaah, ça à l'air vraiment super ! Allez viens on le loue ! »
Commençons par l'exposition, tout en subtilité. Malheureusement le film démarre tout de suite très mal... La faute à une terrifiante vision (j'ai entendu « Christophe », qui a dit « Christophe » ?), celle du château. Merveilleusement incrustée à l'image avec un vértitable souci du détail et une ambiance sonore du plus bel effet, cette titanesque soufflerie bruitée à la bouche est donc présentée comme le seul et unique élément de décor du film. L'intrigue s'y déroulera... Bien, l'unité de lieu est donc révélée ! Ou presque, la clairière autour du méchant château qui crache du feu est également habitée par des barbares qui pilonent à tout va de belles mexicaines... Pas de mauvais jeux de mots, les autochtones du film s'amusent en effet à découper en morceaux gentes demoiselles et damoiseaux s'aventurant hors du château. On ne comprend pas très bien, d'autant que le chef barbare porte un casque cornu d'excellente facture et semble aussi terrifiant qu'un méchant Ken en rogne. Pour ce qui est de l'unité de temps, c'est plus difficile...

Concrètement, nous n'avons aucune idée de la période durant laquelle se déroule l'histoire. Si l'on peut facilement imaginer que le réalisateur a sciemment brouillé les pistes en proposant un mix d'époques entre moyen-âge, futur post-apocalytpique et science-fiction, le tout ressemble à un monde bourré d'anachronismes où l'on se sert de glaives électriques, de pont-levis et où les vetements ont des fermetures éclairs. C'est foncièrement laid et sans aucune logique réelle mais bizarrement ça fonctionne... quelques minutes. A l'instant même où le personnage de Beowulf entre dans le château, les ennuis commencent. D'ailleurs c'est vachement compliqué de prononcer son nom et personne n'arrive à se mettre d'accord sur un « Beowulf » correct ! L'un dit Beewoulf, l'autre Béowoolf et la nana en fond de cadre s'entraîne dans son coin et se repète Beawaoulf. Bref, ils sont pas aidés... C'est que Christophe Lambert impressionne ! Utilisant son flegme légendaire à outrance, il passe d'une émotion neutre au néant émotionnel en un claquement de doigts. C'est miraculeux. Le regard vitreux, légèrement blanchi au niveau du cuir chevelu et avec sa tête des bons jours (à savoir qu'il ne sourit pas mais presque), Totophe compose ici un rôle de haute voltige. Littéralement. Il faut jeter un coup d'oeil aux galipettes du monsieur qui sautille et pratique saltos et sauts périlleux avec la grâce d'un panda ! Peu crédible en Yamakasi, Lambert se sauve de toute situation grâce à son outil anti-gravité qui lui permet de courir sur murs et plafonds avec une agilité toute relative... Passée la surprise des cascades, on peut par la suite s'intérresser au semblant de scénario qu'une bande de sacrés rigolos ont écrit. Là, c'est carrément n'importe quoi...
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