
Raillé dans les années 80, montré du doigt comme un asocial boutonneux, souvent puceau, timide et toujours marmonnant un charabia incompréhensible, le Geek a rapidement été mis au banc de la société de par sa passion exacerbée pour des domaines que le commun des mortels, trop encadré dans une culture de groupe souvent mono-neuronale, n'aura ni le temps ni l'intérêt de comprendre. Et pourtant, cette sous-culture fait aujourd'hui le fond de commerce du monde entier. Belle revanche. En effet, ceux que l'on considérait comme la lie de la société sont devenus les faiseurs de demain. Passionnés, acharnés, ils se sont ancrés dans un monde imaginaire qui leur a ouvert un nombre incalculable de perspectives. Ainsi nombre de scientifiques de la Nasa à la base d'innovations techniques de pointe avouent sans complexe avoir été inspirés dans leur jeunesse par les idées émises par Gene Roddenberry et son Star Trek, souvent d'ailleurs à la base de leur vocation (voir le fabuleux documentaire How William Shatner changed the world).

Côté jeux vidéos, c'est aussi la panacée alors que le gamin qui avait la chance de posséder une console de jeux était la star du quartier quand arrivèrent les premières machines Atari ou Collecovision, quelques années à peine après que certains scientifiques s'amusèrent à fabriquer des jeux de tennis à l'aide d'oscilloscopes. Les enfants apprenaient à dessiner en copiant Batman ou Superman et les nouveaux fans du phénomène Star Wars, oeuvre considérée avant sa sortie comme mineure par son studio producteur, se mirent à collectionner frénétiquement le moindre objet ayant trait de près ou de loin avec la bientôt trilogie culte.
En France, le raz de marée de séries animées en provenance directe du Japon et des Etats-Unis contribua à intoxiquer merveilleusement toute une génération de bambins. Goldorak, Candy, Jayce, Cosmocats, Ulysse 31 et autres Robotech emplirent les jeunes esprits d'horizons et d'aventures fantastiques titillant l'imagination des plus rêveurs. Toute une génération qui en grandissant se plongeât dans une littérature codée et dense, prête à leur offrir monts et merveilles par ses effusions de détails et ses souffles épiques et bruts. Conan, Le seigneur des Anneaux, Dune, Discworld... Autant d'univers, autant de mythologies qui, entretenus par la sortie sur les grands écrans d'adaptations ou d'oeuvres inspirées et dérivées, permirent à ces avides d'Ailleurs d'épancher leur soif de découverte.
Et puisqu'il fallait bien qu'ils grandissent un jour, ces passionnés, ces créatifs de tous poils et de tous horizons sont souvent parvenus à une aisance pécuniaire qui leur permit d'assouvir pleinement leur passion. Et c'est ainsi que depuis quelques années, l'explosion de ces mondes encore considérés comme de la sous-culture, gagne enfin une reconnaissance populaire certaine. Des jeux vidéo se voient aujourd'hui vendus à des millions d'exemplaires, les films de genre sont parfois dotés de budgets faramineux, et l'industrie du comic-book n'a jamais été aussi florissante. Les jeunes d'hier étant les vieux de demain, autant dire que l'industrie du geek a de beaux jours devant elle ! D'autant que finalement, rares sont ceux qui peuvent affirmer sans rougir de honte ne jamais avoir touché de près ou de loin à cette culture encore considérée comme discutable il y a quelques années.
A l'occasion de la sortie cette semaine du box Dvd de la première saison de NerdZ, de la diffusion du documentaire Suck My Geek ce vendredi soir sur Canal + et de l'évolution toujours active du phénomène (les séries américaines consacrées à cette culture commençant à pulluler outre-Atlantique...), à la rédaction, on a décidé de vous faire partager noter point de vue sur ce qui est maintenant bien plus qu'un simple phénomène de société.
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