
BIG CITY
Un film de Djamel Bensalah
Avec Eddy Mitchell, Atmen Kélif, Vincent Valladon, Paolina Biguine...
Date de sortie : 12 décembre 2007

Big City est un film destiné aux enfants et sans doute à eux seuls. Sinon peut-être à quelques indécrottables sentimentaux qui y retrouveront des impressions de leur jeunesse... pour peu qu'ils soient au moins quinquagénaires. Le ton est badin, l'ambiance primesautière. Le pari du réalisateur de Dieu, les oiseaux... et ta mère consistait à confronter des personnages stéréotypés à des situations traditionnelles et à en mesurer les effets. Contrat rempli pour l'essentiel, l'avantage des enfants étant qu'ils s'amusent avant de jouer et que leur jubilation s'avère plutôt communicative, surtout quand les spectateurs ont le même âge et qu'ils aiment se déguiser pour jouer aux cow-boys et aux indiens.
Comme souvent dans ce genre de films, les méchants sont plus convaincants que les gentils et ce sont les personnages secondaires qui retiennent l'attention, du petit Black pleureur au gros fourbe, en passant par la femme fatale et le beau gosse. Le casting constitue d'ailleurs la plus grande réussite du film, la plupart de ces enfants ayant d'ailleurs déjà tenu les rôles principaux dans des productions telles que Le papillon, Michou d'Auber, Jacquou le Croquant ou Nos jours heureux. Passé, 12 ans, le charme risque toutefois de ne fonctionner que par un effet de rémanence nostalgique. Mais on ne peut jurer de rien et personne n'avait anticipé le succès de Kirikou, par exemple.

Le résultat ressemble finalement autant à une bande dessinée qu'à un film traditionnel, même si rien n'a été laissé au hasard pour parfaire l'illusion des grands espaces (filmés au Canada) et de la ville champignon en bois (construite en Bulgarie). Quant aux gamins, ils n'ont pas grand mal à éclipser leurs rares partenaires adultes, notamment Atmen Kelif (l'acteur fétiche du réalisateur) en idiot du village et Eddy Mitchell en poivrot de service, clin d'oeil savoureux à l'animateur de l'émission “La dernière séance” qui fut l'un des derniers chantres cathodiques du western. On reconnaîtra à Djamel Bensalah le mérite d'avoir relevé un pari audacieux en se donnant les moyens de ses ambitions, ce qui est son credo depuis le début de sa carrière, son rêve étant désormais de tourner une comédie musicale en Algérie. Reste à savoir si le public le suivra dans sa folie. Ce n'est pas évident à cette époque de l'année où la concurrence table surtout sur l'animation et sur le fantastique, les deux genres qui ont le vent en poupe. Voici en tout cas une alternative sympathique aux Blockbusters hollywoodiens.
Jean-Philippe Guerand
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