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CONTES PERSANS
Pour les enfants de 3 à 6 ans.
Date de sortie d'origine : 24 novembre 2004
Date de sortie DVD : 10 novembre 2007
Genre : Animation pour enfants
Editeur : Les Films du paradoxe
Format 4/3
Langages : Sans dialogues
Réalisateurs : Mohammad Moghadam, Mozaffar et Ramin Sheydaï, Vadjiollah Fard Moghadam et Fatemeh Goudarzi
Suppléments: Bonus : 4 cartes postales
4 petits contes : « Le plus long voyage du monde », « La Pomme », « Le Retour » et « La vache et le fermier »

La première qualité de ces contes est d'être tout à fait adaptés aux enfants de 3 à 6 ans. Le premier « Le plus long voyage du monde » suit une chenille de son réveil à sa transformation en papillon ; le second « La Pomme » suit le cycle naturel qui amène la pomme à être manger par les petits animaux de la nature pour qu'il ne reste que la graine, qui créé un nouveau pommier. Ces deux premiers contes sont intéressants car ils font découvrir deux phénomènes naturels de façon poétique et ludique. Ils sont tout à fait susceptibles d'être utilisés en école maternelle (moyenne et grande section) en marge de l'observation de chenilles ou pour découvrir le renouvellement des plantes.

Quant aux deux derniers, « Le Retour » présente l'histoire d'un corbeau qui, dans un premier temps, fait tout pour trouver la chaleur d'un foyer avant de se rendre compte des inconvénients de l'enfermement dans une cage et d'essayer de s'en échapper. D'une certaine façon, ce conte illustre l'adage « L'herbe est toujours plus verte chez le voisin » et montre qu'il est inutile d'envier les autres. Une leçon plus morale donc mais qui est tout aussi intéressante pour les petits. Le dernier conte, de ce point de vue, est plus neutre car il raconte la rencontre d'un fermier et d'une vache par l'intermédiaire d'un petit papillon. Les deux personnages, malgré leurs différences, deviennent amis. La dimension poétique est plus marquée, au détriment d'une histoire peut-être un peu moins riche que les précédents contes.

Ces quatre petits contes nous viennent d'Iran et sont tous les quatre très originaux bien qu'ils soient tous les quatre très différents, en particulier dans la réalisation plastique des dessins. Car tous les quatre sont de véritables petits chefs d'oeuvre qui exploitent d'abord les possibilités du dessin (les couleurs, les textures, les transparences...) avant de jouer de l'animation. Et celui qui réussit le mieux dans ce jeu de l'animation est incontestablement « La Pomme » avec des jeux de transition très ludiques et fins d'un plan à l'autre. Dans ces transitions, il semble que les mêmes matériaux se refondent pour faire apparaître une image différente, ce qui fait apparaître de façon très subtile l'acte de création et surtout de re-création.

« Le plus long voyage du monde » et « Le Retour » utilisent de façon assez classique le dessin sur cellulos tandis que « La Pomme » et « La Vache et le fermier » utilisent la peinture à l'huile sur verre, ce qui donne un effet de transparence très agréable à l'oeil. Mais même avec le dessin sur cellulos, on trouve un jeu sur les textures comme sur les couleurs, qui ont fait comparer à juste titre ces contes à des tapis persans. En particulier, le premier « Le Plus long voyage du monde » joue de façon très intelligente sur l'écart entre le très petit et le très grand, avec des vues différentes qui introduisent des compréhensions différentes de la scène. Par exemple, on a l'impression que la chenille gravit une montagne quand en fait, elle glisse sur le rebord d'un bol.

Les contes sont faits comme ça : de petites astuces tant dans les histoires que dans l'image qui sont de véritables régals et que l'on goûte avec grand plaisir !
Note : 10/10


































