
Les années 70 marquent dans le cinéma américain en général un tournant majeur dont ce dernier avait besoin. En effet, dans sa vision de la ville de New York, celui-ci qui s'était plutôt orienté vers la représentation d'une ville en reconstruction et donc d'une vision positive de celle-ci pendant les années précédentes, commence ici à prendre en compte les événements politiques des Etats-Unis. La ville de New York devient alors progressivement le théâtre de toutes sortes de malaises; les habitants, confrontés à cet univers qui tombe en ruines, vivent mal. Apparaissent alors de nouveaux codes qui font du soi -disant héros du film un personnage ordinaire et parfois dérangé, du cadre du film, un univers délabré, de l'histoire, quelque chose de parfois insensé.

Au début des années 70, les Etats-Unis sortent de la guerre du Vietnam, un conflit qui a duré et qui a parallèlement suscité de nombreuses réactions de la part du peuple américain. Consécutif aux troubles de ce conflit et soutenu par des mouvements artistiques contestataires, le cinéma s'engage politiquement et commence alors à exprimer ses préoccupations historiques, sociales et politiques. De nombreux films vont alors s'exercer à dévoiler les erreurs du système et tous les disfonctionnements du modèle américain, plus communément appelé "american way of life", qui était véhiculé par le cinéma depuis le début du siècle. La perspective politique, sociale et culturelle apparaît alors comme le but principal de ces films engagés.
Attardons nous tout d'abord sur un film qui entame cette décennie, Hi! Mom (re-titré Les Nuits de New York en France) réalisé par Brian de Palma en 1970 qui relate l'histoire de Jon Rubin, qui, de retour du Viêt-Nam, habite un immeuble du Lower East Side de New York et qui, plus que jamais, s'adonne à son activité principale : le voyeurisme qui reste un thème récurrent chez de Palma également retrouvé dans Sisters ou Phantom of the Paradise. Pour cela, Jon a à sa disposition une caméra 16 mm qui lui sert à espionner ses voisins et plus particulièrement une voisine qu'il tente de séduire dans le seul but d'inclure à son film une scène érotique. Et c'est cette idée de sexualité maladive qui revient régulièrement dans l'oeuvre de De Palma avec le voyeurisme.

Ce scénario seul suffit alors déjà à nous faire pressentir l'obsession maladive du personnage principal qui évolue dans une ville elle aussi mal en point. En effet, De Palma fait ici de New York une ville aux rues sordides et aux appartements délabrés comme nous le prouve la visite du futur appartement du personnage principal au début du film. Cependant, ce film ne se contente pas de nous conter cette histoire, il s'en sert pour dénoncer de plus larges problèmes comme les instabilités politiques de l'époque, en rapport avec le conflit vietnamien et les mauvaises conditions de vie et d'hygiène des bas fonds de la ville.
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NEW YORK AU CINEMA : PARTIE 1LA VILLE New York, métropole géante, est une ville mythique. Créée p... | ||







NEW YORK AU CINEMA : PARTIE 1




























