
CINE : IT'S A FREE WORLD...
Tout sur IT'S A FREE WORLD... - La Critique - Photos - Le 2008-01-02 13:21:29IT'S A FREE WORLD...
Un film de Ken Loach
Avec Kierston Wareing, Juliet Ellis, Leslaw Zurek
Durée : 1h33
Sortie le 2 janvier 2008

Avec le temps, l'auteur de Raining Stones se radicalise et le regard critique qu'il porte sur le monde tend avec les années à s'assombrir davantage à mesure qu'il puise son rejet dans les tréfonds insupportables d'une économie libérale aussi mondialisée qu'injustement prédatrice. Avec It's a Free world, film consécutif à sa Palme d'or et au jouissif segment du récent Tickets, Ken Loach ainsi détonne et fait prendre à sa filmographie, un détour inattendu.

Scrutateur des injustices sociales, pourfendeur de l'exclusion et acteur politique investi via son art, le cinéaste britannique s'avère l'idéal type de l'artiste qui s'engage, liant à ses images, l'impact des mots et la force de ses actes. Sa filmographie récente (Bread and Roses, The Navigators...) comme la plus ancienne, marquée par son activité documentaire hautement critique pour la BBC, en porte d'ailleurs la marque. Néanmoins, avec It's a Free World, nous sommes loin de ce qu'il fit auparavant et le scénario de son fidèle complice Paul Laverty, bien plus éloigné de tout ce qu'il a déjà pu faire. En effet, à l'image des séquences les plus marquantes de Land and Freedom ou du Vent se Lève, son dernier film est une exploration de la destinée humaine dans le cadre social de son exploitation, confrontée qu'elle est au choix politique d'une survie à tous prix. Ainsi, dans une optique très ancrée dans le matérialisme historique, Ken Loach s'appuie sur le devenir d'une jeune femme, Angie, mère célibataire, sans études ni chance, qui va pour s'en sortir et récupérer son fils, créer une agence de recrutement intérimaire à la lisière de l'illégalité, offrant aux plus démunis, aux exclus et puis aux clandestins, l'opportunité d'un travail précaire, d'un emploi journalier contre une part de leur maigre salaire et l'acceptation d'une domination temporaire voire d'une exploitation servile. Hélas, là où Ken Loach d'habitude arrivait à désamorcer la rudesse de son propos, par quelque moments de respiration drolatique, It's a Free World marque une rupture évidente en refusant à deux exception près, cette possible facilité narrative, pour mieux nous étreindre et peser. La question dès lors qui se pose est celle de la fin. Pourquoi fait-il donc cela ?
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