HANNIBAL
2001
Réalisation : Ridley Scott
Acteurs : Anthony Hopkins, Julianne Moore, Giancarlo Giannini, Ray Liotta et Gary Oldman
Durée : 2h05Sortie le : le 28 février 2001
Autant le dire tout de suite, Hannibal est une catastrophe intégrale. Cela pour deux raisons principales. Tout d'abord, le très mauvais livre de Thomas Harris, écrit dix ans après Le Silence des Agneaux , ne pouvait constituer un matériau de base suffisamment solide et intéressant. Ensuite, le réalisateur et les scénaristes (les producteurs ont tout de même fait appel à David Mamet et Steven Zaillian pour tenter de sauver la barque du naufrage annoncé) n'ont pas su transcender celui-ci, par la simple force de leur art. (On sait très bien qu'un livre et/ou un scénario nuls peuvent donner un bon film, et inversement).
C'est ainsi que, après une scène d'ouverture prometteuse, hélas plombée dans sa toute fin par une mise en scène aux effets très Gladiator, le film s'enlise inexorablement dans un peu plus d'une heure de sieste cinématographique, pénible temps de gestation d'un énorme final grand-guignolesque qui n'est pas sans rappeler Bad Taste et Le Jour des Morts-vivants, à ceci près de différent que le gore est ici totalement déplacé et d'une froideur toute chirurgicale. Sorte de série z sur-budgetisée, de nanar luxueux totalement assumé, qui ne se prive d'aucun ridicule (voir les gros plans décomplexés sur le visage défiguré de Mason Verger et la scène des sangliers dressés pour tuer), Hannibal délaisse la richesse de l'univers glauque et traumatisant du Silence des Agneaux pour le stérile recul de ce ''fameux'' et détestable cynisme post-moderne, si ''tendance'' chez nos contemporains (mais quand diable va-t-on en sortir ?). Les personnages (Hannibal et Clarice) et leur complexité, tant au niveau individuel que dans les relations qu'ils en sont venus à nouer, passés à la trappe, ne subsistent dans ce salmigondis, cette aberrance cinématographique outrageuse, que références, clins d'oeil, autodérision et ennui profond. Hannibal ou comment détruire le mythe originel.Renaud Moran
Hannibal, exhilé en Italie, à Florence, est traqué par un policier italien, qui veut les 3 millions de dollars de récompense offerts par une ancienne victime de Lecter, un milliardaire complètement défiguré et paralysé. Au même moment, Clarisse fait face à des problèmes professionnels suite au meurtre public d'une femme qui tenait son bébé dans ses bras. Toujours fascinée par Hannibal, elle se lance aussi à sa recherche.C'est lui qui viendra à elle...
Suite très (trop?) attendue du Silence des agneaux, Hannibal n'est pas aussi bon que sa préquelle, autant que les choses soient claires tout de suite! Et moins bien également que Gladiator, qui replaçait Ridley Scott parmi les réalisateurs les plus en vue d'Hollywood, après une longue traversée du désert. Ce retour en force est cependant confirmé, car Hannibal n'est pas dénué de qualités. Si la beauté visuelle n'est pas surprenante car elle est partie intégrante du style de Ridley Scott, la direction d'acteur est quant à elle parfaite. Il faut dire que Hopkins n'a pas volé son Oscar pour ce rôle qui l'a révélé au grand public. Il nous refait son numéro, toujours aussi grandiose. Julianne Moore n'arrive pas à nous faire oublier Jodie Foster, mais son jeu est très sobre et elle n'a pas à rougir de la comparaison. Gary Oldman, méconnaissable sous un horrible maquillage, impose sa présence, et seul Ray Liotta semble sous-employé.
C'est donc le scénario qui pêche, avec une absence quasi totale de suspense et de terreur. Sans vouloir dévaloriser le talent de Jonathan Demme, celui-ci avait quand même un scénario de meilleur consistance, et avait pu instaurer une ambiance inquiétante et oppressante qui est cette fois absente. Au contraire, l'ennui se fait parfois sentir, et seule une scène gore grand-guignolesque arrive à nous secouer, dans le dernier quart d'heure. Pour ceux qui ont lu le roman, sachez que la fin est différente (un choix discutable).
Donc si le plaisir de retrouver Hannibal est indiscutable, ce n'est pas non plus sans une certaine frustration.
Didier Verdurand





































