
LE CINEMA ARGENTIN, LE GOUT DE LA CHAIR
Tout sur XXY - La Critique - Photos - Le 2007-12-21 05:04:57Et s'il est une cinématographie qui en tire partie et ne cesse de surprendre depuis quelques années déjà, hors du vivifiant continent asiatique, c'est bien d'Amérique du Sud qu'elle nous vient et plus particulièrement d'Argentine. Terre de contrastes, d'étendues incroyables de beauté, la nation de gauchos est ainsi rapidement devenue l'un des fers de lance de la production cinématographique sud-américaine et continentale.

L'Argentine, une destination d'avenir, une cinématographie audacieuse par ses surprises
Capable d'examiner son passé dictatorial avec un recul froid et acerbe, d'imaginer son avenir en révolutionnaire, susceptible de penser le corps et son rapport au monde avec une verve et une vigueur éblouissante, ce cinéma a de fait séduit les amateurs et plu à tous ceux qui cherchaient à retrouver un certain goût latin pour la démesure et l'engagement, l'ampleur et l'emphase. Répondant ces temps derniers à des attentes trop négligées par chez nous, les films venus de cet autre Outre Atlantique se sont donc imposés comme autant de surprises et d'étonnements cinématographiques en puissance, et cela à mesure qu'ils nous parvenaient chaque année plus nombreux.
Satisfaisant notre appétence insatiable, l'année qui s'achève comme la précédente n'a de fait nullement dérogé à ce constat. Ainsi, nombre de cinéastes albiceleste ont trouvé ou retrouvé avec un certain bonheur, nos salles ou nos platines numériques. Diego Lerman, Adrian Caetano, Fernando Solanas, Carlos Sorin sont autant de contemporains à s'être présentés avec leurs films devant nous : Mientras Tanto, Buenos Aires 1977 et Bolivia, La Dignité du peuple, El Camino de San Diego et Bombon el perro. Mais il y eut aussi d'autres surprises en provenance de cette contrée chère aux Mères de la Place de mai avec la découverte de cinéastes moins connus comme Ana Katz (La Fiancée errante), Diego Rafecas et Marcello Iaccarino (Le Bouddha de Buenos Aires) ou Rodrigo Moreno (El Custodio/ Le Garde du corps).

Quant à la dernière stupéfaction venue d'Argentine à nous être proposée en 2007, elle ne nous laissera pas en reste de ce point de vue puisque le 26 décembre, ce sera au tour Lucia Penzo de nous remuer avec son impressionnant XXY. Précédé d'une flatteuse réputation festivalière (Grand Prix de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes 2007), le métrage est aussi inattendu que profondément dérangeant et audacieux. Traitant du rapport à la sexualité et au choix qu'impose l'hermaphrodisme, ce premier film de la belle réalisatrice Argentine marque en effet son spectateur tout en proposant ce que peu de films récents osent encore : parler avec vérité et sincérité du rapport au corps et plus encore à la chair.
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