

SUPER MARIO BROS de Annabel Jankel & Rocky Morton (1993)
La popularité du personnage de plombier Mario, créé par le génie Shigeru Miyamoto dans les années 80, est telle au début des années 90, avec la sortie de Super Mario Bros 3 sur NES, que la firme japonaise Nintendo s'est mise en tête de produire un grand film hollywoodien à partir de sa mascotte. L'idée est saugrenue, et surtout, comment est-il possible d'adapter cet univers coloré et particulier au médium cinématographique ? En changeant tout ! Le couple de réalisateurs Annabel Jankel et Rocky Morton, célébrés pour leur série Max Headroom et pour le remake ingénieux de Mort à l'arrivée, se lancent dans une entreprise de démolition impressionnante : s'ils respectent le cahier des charges (le look des personnages, l'apparition de Yoshi, la présence de la princesse Daisy), tout le reste vole en éclat. Dotés d'un budget énorme pour l'époque (50 millions de dollars), les deux réalisateurs ont la folie des grandeurs, construisent des décors gigantesques dignes de Blade Runner, ordonnent des réécritures journalières et finissent par perdre le contrôle du tournage, qui est repris par Roland Joffé et le chef opérateur Dean Semler. Le film, vraiment mauvais et souvent incompréhensible, connaît un four au box-office et reste aux yeux de Bob Hoskins, interprète de Mario qui remplace Danny DeVito au pied levé, la pire expérience de sa carrière. On le comprend.

STREET FIGHTER de Steven de Souza (1994)
Autre jeu très populaire au début des années 90, le beat'em up Street Fighter II de Capcom connaît lui aussi les joies d'une adaptation pas vraiment fidèle au matériau de base. Si les personnages les plus populaires de la franchise ludique trouvent un pendant cinématographique (Jean-Claude Van Damme incarne Guile, Raul Julia est Bison, Kylie Minogue joue Cammy et Wes Studi est Sagat), l'intrigue (il est vrai très légère dans le jeu) est totalement changée pour coller à une actualité plus ou moins fantasmée de l'époque. Résultat, les « gentils » deviennent ainsi des soldats de l'ONU chargés de renverser le dictateur Bison, qui menace de prendre le contrôle du monde entier. Courses poursuites, cascades, effets spéciaux à gogo, et très peu de baston au final, ce qui est quand même un comble. Dire de Street Fighter - le film qu'il s'agit d'une trahison est un euphémisme, d'autant qu'il est loin de faire l'affaire en tant que simple film d'action, même s'il est signé par Steven de Souza, scénariste de Piège de Cristal.


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