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MORGAN FREEMAN, ACTEUR SOUL

MORGAN FREEMAN, ACTEUR SOUL

Tout sur GONE BABY GONE - La Critique - Photos - Le 2007-12-26 00:49:35


Robert Redford a dit de Morgan Freeman à l'époque où ils tournèrent ensemble Une vie inachevée que ce qui le caractérisait était son « âme » (soul). C'est la profondeur qu'il apporte à chaque rôle, ce supplément de sagesse, d'émotion et d'expérience qui le rend crédible jusqu'à incarner Dieu (dans Bruce tout puissant). Cela paraît en effet être une bonne analyse. Il n'y a d'ailleurs pas de méthode prescrite ici. Freeman ne s'imprègne pas d'un rôle, ne s'impose pas de longue préparation pour investir un personnage. Il lit le texte, il le ressent et il le dit. Il y met de l'intensité, de la conviction, de l'âme. Il se l'approprie. C'est ce qu'il apporte au premier film de Ben Affleck, Gone Baby Gone. Même lorsqu'il joue un vieux boxeur sonné dans Million dollar baby, alors que d'autres l'aurait rendu loqueteux et pathétique, la présence de Freeman lui confère une aura particulière de sagesse. Cela réside dans le calme et l'expérience qu'il dégage, son timbre de voix doux et grave, reconnaissable entre tous qui impose son charisme. Freeman est indispensable au cinéma américain moderne, on le voit partout, dès qu'un rôle requiert un peu de son intelligence et de sa profondeur, parfois dans des films qui n'en méritaient pas tant. Il apporte son supplément d'âme, ce quelque chose en plus qui fait que quand il entre dans une scène, cet homme a une présence bien particulière qui donne quelquefois un intérêt supplémentaire è un film qui sans lui, serait oubliable (Crimes et pouvoir).


Sa filmographie est pléthorique, démarrée sur le tard. On a le sentiment qu'il ne s'est totalement imposé que depuis vingt ans, comme un acteur majeur. Pourtant ses débuts furent âpres. Après s'être engagé dans l'Air force, il voulut gagner Hollywood pour y suivre des cours de comédie (et y « crever de faim » selon ses dires). On l'y remarqua pour ses talents de danseur. Peu à peu il s'imposa à la télévision (dans la série « The Electric compagny ») et surtout comme un acteur de théâtre de premier ordre. Il est apparu dans Brubaker où il incarnait un détenu maltraité dans une prison que Robert Redford voulait réformer. Pourtant, on mit longtemps à prendre sa mesure. Il n'apparaissait la plupart du temps que dans des productions télévisées. Il fut remarqué beaucoup plus tard au cinéma, en 1987 dans le rôle de Fast Black, à l'affiche de La Rue de Jerry Schatzberg. Il avait alors 50 ans et y était une véritable révélation. Il y incarnait un mac avec une intensité et une authenticité étonnante. Il se souvenait de scènes dont il avait été témoin dans la rue et les a retranscrites pour interpréter ce personnage. Le film s'interroge sur les médias et leur perversité, un journaliste a inventé un personnage trouble pour livrer un article à sensation. Seulement il est bientôt assimilé à Fast Black, qui lui, est bien réel. L'oeuvre est de facture extrêmement conventionnelle au niveau de la mise en scène (chose étonnante pour le réalisateur de Panique à Needle park), mais il mérite le détour par la performance impressionnante de Morgan Freeman (qui lui valut pas mal de récompenses et de nominations).


C'est dans Miss Daisy et son chauffeur que Freeman impose sa marque et son charisme. Le rôle est humble et sans prétention, presque un archétype (un vieil homme subalterne, bienveillant et dévoué). Mais le comédien parvient à suggérer véritablement toute l'existence de son personnage, sa vie intérieure intense, sa malice et son humour, avec élégance et finesse. On sent également la frustration du vieil homme noir, réduit à sa fonction, tout ce qu'il tait en subissant la tyrannie de Jessica Tandy (récompensée par un oscar). Elle ne veut pas de lui et il s'impose imperceptiblement à elle, jusqu'à lui être cher. Ils forment un duo réjouissant et improbable (la vieille pas si acariâtre que ça et son chauffeur taquin, discrètement audacieux, plein d'une humanité simple), classique mais transcendé par la richesse de jeu et la complicité de deux grands acteurs. C'est également l'occasion d'évoquer le racisme (la condition des afro-américains, la bombe dans le temple juif) et la ségrégation des années 50 en Amérique (lors du voyage en Alabama).

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lotoman je dirais meme plus    26 déc
willhunting un GRAND monsieur parmi les GRANDS    26 déc
 


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