
STEAK EN DVD : RETOUR AVEC QUENTIN DUPIEUX
Tout sur STEAK - La Critique - Photos - Le 2007-12-26 02:47:40
Comment avez-vous vécu l'accueil négatif et souvent violent de la presse à l'égard du film?
Je dois avouer que les deux premières semaines de la sortie, j'étais à fond sur Internet pour regarder les réactions. La plupart du temps, ça me faisait rire car les gens jugeaient souvent sur des préjugés, sans même avoir vu le film. Après, je suis passé à autre chose. J'ai laissé tomber. J'ai pris des vacances, j'ai préparé un nouvel album et j'ai commencé à écrire un nouveau film. Les phrases assassines marquent beaucoup sur le coup. Je me souviens que deux jours avant la sortie du film, on avait fait une avant-première spéciale entre copains où quelques journalistes s'étaient glissés. Pour présenter le film, j'ai dit en déconnant au micro que j'avais inventé un nouveau genre: le «navet conceptuel sinistre». Un critique du Parisien présent dans la salle avait noté ça et l'a ressorti texto dans son papier. J'ai trouvé ça hallucinant. Cependant, on a eu Libération qui nous a soutenu en faisant deux pages sympas pour ouvrir leur cahier cinéma du mercredi. Le papier était super bon et ça me faisait rire de voir Eric et Ramzy en pleine page d'un journal qui préfère d'ordinaire encenser les films d'auteur provenant de l'autre bout du monde. Les Cahiers du cinéma ont défendu le film aussi alors qu'on ne leur avait rien demandé. Ils sont allés voir le film en salles avec de vrais spectateurs comme tout le monde car ils n'avaient pas été invités à cette avant-première.
Est-ce que vous ne pensez pas que l'étiquette «Eric et Ramzy» a fait trop peur?
Généralement, quand Eric et Ramzy font un film, il est obligatoirement considéré comme une merde et on leur chie à la gueule. Les tocards des Inrockuptibles qui ont toujours l'impression d'être en avance sur tout alors qu'ils ont juste cinq ans de retard ont défoncé le film pour des motifs de ce genre. Sur le moment, j'ai trouvé ça génial. Ils défendent n'importe quel truc que réalise Michel Gondry parce que c'est hype et là, parce que c'est un film avec Eric et Ramzy, c'était forcément de la merde. Je me rappelle lorsque les Daft Punk ont sorti leur premier album, les Inrocks avaient clairement dit que c'était de la merde et depuis les deux mecs ont fait un carton mondial. Au bout du troisième album, ils ont fait un numéro spécial Daft Punk avec dans leur édito des excuses en disant «oui, à l'époque, nous n'avions pas aimé etc». Minable!

Mr Oizo a eu un vrai engouement à l'étranger, notamment en Angleterre et vous étiez plus connu là-bas qu'en France. Vous n'avez pas été tenté de réaliser un long métrage dans la langue de Shakespeare?
Non. Parce que j'adore écrire des dialogues. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé d'écrire avec des anglais. Quand je change de langue, je perds totalement cet art. Je peux m'y retrouver dans tout le reste d'autant que je parle plutôt bien en anglais mais tout ce que je peux dire en français, je le perds totalement en anglais. Ça n'aurait plus rien à voir. Le texte reste très important pour moi. Je me fous de tourner avec des décors de fiotte, de la musique de la fiotte. Je dois avoir la liberté sur le texte. J'avais déjà expérimenté ça sur Non film, un film que j'ai réalisé il y a trois ans. Le résultat ne répondait à aucun critère cinématographique. Un producteur ami a trouvé la démarche géniale et l'a vendu. En fait, Non film est né d'un caprice d'enfant gâté. A l'époque, j'avais gagné beaucoup de fric avec la musique. J'avais des millions sur mon compte et c'était l'angoisse. Donc l'idée de faire un film était un moyen drôle de dépenser l'argent. Ça donnait une comédie plutôt marrante avec un mode de narration et une manière de filmer totalement hideuses, grâce à une caméra 16mm qui pèse le poids d'un caméscope. On tournait les scènes dans l'ordre chronologique et plus je filmais, plus ça donnait n'importe quoi. Ça s'appelait Non film donc je ne voulais pas que ça ressemble à un film. Pas de montage, pas de musique, pas de son rajouté en post-prod.
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