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Un film de Lenny Abrahamson
Interprètes : Par Shortt, Anne-Marie Duff, Conor Ryan, Don Wycherley, Andrew Bennett, Denis Conway
Durée : 1h30
Date de Sortie : 09 janvier 2008

Dans un village perdu de l'Irlande, Josie est le seul employé d'une station service. Raillé par les autres habitants à cause de sa simplicité d'esprit, il vit cependant heureux, entre sa balade du matin, ses petites courses journalières et sa petite bière au bar du coin. Une vie qui va bientôt être perturbée par les problèmes des autres, d'autant que la charge d'un jeune apprenti lui sera confiée.
Suite à leur premier métrage, l'acclamé Adam & Paul, le réalisateur Leonard Abrahamson et le scénariste Mark O'Halloran remettent le couvert pour cette fois décrire le quotidien calme et paisible d'une petite ville du fin fond de l'Irlande de l'ouest, entre solitude et famine sociale. Un endroit apparemment idéal pour un personnage comme Josie, protagoniste central de cette tranche de vie au rythme lent et à l'impact profond. Incarné par un Pat Short aussi sympathique qu'émouvant, le personnage se présente d'emblée comme éminemment heureux, de ces oncles lointains et familiers en total décalage avec une société moderne et ses problèmes.

Josie se pose ainsi en sorte de simplet du village, certes plus humain et profond que l'habituelle caricature, mais traité comme tel par ses contemporains, ces derniers faisant ainsi peu de cas des conséquences de leurs actes à son égard et le jugeant comme un benêt inoffensif. A ce titre, son personnage sert d'expiatoire à la maigre population qui frôle son contact : confident lorsqu'un vieil ami revient jusqu'aux larmes sur une vie idyllique passée, souffre douleur d'ouvriers aux sautes d'humeur aléatoires motivées par une frustration constante, ou compagnon d'infortune lors du bal des coeurs brisés.
Mais cette position de bon vivant simple d'esprit aurait pu s'étirer sur toute une vie si elle était entourée d'un environnement responsable, ce qui de toute évidence n'est ici pas le cas. En effet, le rôle que lui donne occasionnellement la population, d'épaule des malheurs à garde d'enfant, dénote de manière aussi humaine que tragique le mal être d'une structure sociétale bancale. Dans une telle structure, il suffira ainsi à Josie d'être en rapport avec des éléments qu'il ne saura gérer pour se retrouver, à l'image d'une partie de l'Irlande, laissé pour compte, en décalage irrémédiable face à l'évolution sociale d'un monde aussi compliqué qu'il est criblé de problèmes.

Ôde à une campagne qu'ils regrettent de voir trop souvent tournée en dérision par ses congénères, le scénariste Mark O'Halloran et le réalisateur dépeignent ainsi un monde hanté par la solitude d'un milieu rural dont les étincelles de bonté sont aussi précieuses qu'elles y sont marginales. Berçant le spectateur de plans magnifiques et de séquences à la limite de l'onirique, Garage est la magnifique peinture nostalgique et tendre d'une campagne oubliée dont la belle simplicité reflète l'innocence perdue d'une civilisation inadaptée à l'humanité qu'elle sert. Un discours aussi humain que juste.
Note : 7/10
David Brami
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