
MEILLEUR ESPOIR FEMININ : HAFSIA HERZI (LA GRAINE ET LE MULET)
Tout sur LA GRAINE ET LE MULET - La Critique - Photos - Le 2008-02-22 22:14:51
DE GALERES EN CASTING
«J'ai été repérée via un casting sur Marseille. Je faisais de la figuration et je me disais à l'époque que ce n'était pas possible de faire plus. Je savais que je pouvais jouer. Je ne pensais pas qu'un jour quelqu'un allait me faire confiance en me donnant un vrai rôle. A Marseille, il doit y avoir en tout dix directeurs de casting. Pas plus. Un jour, sur un plateau de figu, j'ai demandé à une directrice de casting de me donner la liste de tout le monde. J'ai envoyé mes photos. Un jour, on m'appelle pour une audition. Je ne savais pas si c'était pour un court-métrage ou une série. Auparavant, j'ai fait des essais pour Plus belle la vie mais j'ai été rejetée (rires). Ça m'a vraiment beaucoup perturbé même si le texte était pourri. Les directeurs de casting étaient presque humiliants et m'ont fait comprendre qu'ils n'allaient pas me reprendre. C'est pour ça que je me suis vengée quelques mois après. D'un côté, c'est une bonne chose que je ne participe pas à la série. Dans le même genre, j'ai fait des essais pour la série Sous le soleil. Là aussi, j'étais méprisée. Sur 500 actrices, il n'en conservait que 12 et chacune venait d'une région différente. Ils ne nous donnaient pas la réponse car on la découvrait dans le journal régional. J'achète le journal très tôt le lendemain. Je l'ai ouvert et il y avait un titre: «Marie sort de l'ombre». Toutes les actrices qui étaient refusées étaient dans l'ombre et j'étais dedans. J'exagère quand je dis que c'est méprisant mais ça fait mal au coeur sur le moment. D'un autre côté, c'est tant mieux. Vraiment. Ça m'a donné encore plus envie de travailler et de montrer mon travail. Je pense que ça fait partie du destin.»

FRANCHIR LES ETAPES
«Je n'ai pas suivi de cours de théâtre. Essentiellement parce que je n'en avais pas les moyens financiers. Ma mère ne pouvait pas, j'étais trop jeune pour me les payer et il fallait que je me concentre sur l'école. Je me suis vraiment débrouillée toute seule, je me suis juste contentée d'envoyer des photos pour faire de la figuration. J'apprenais des textes toute seule chez moi. Juste après La graine et le mulet, je suis montée sur Paris pour prendre des cours de théâtre. De toute façon, le théâtre et le cinéma sont deux choses totalement différentes. Ça n'a même rien à voir. Je voulais travailler la diction, l'articulation, l'accent marseillais. Puis rencontrer des gens, travailler autrement. Là, je n'ai plus trop le temps d'y aller mais ça me fait plaisir de pouvoir travailler ma passion. Monter de Marseille sur Paris a été très dur. Ca a été une grosse décision. Soit je restais à Marseille juste après le film et je continuais mes études; soit je montais sur Paris et je m'investissais dans des cours en attendant. Heureusement que j'ai choisi la seconde option. En vérité, je ne me suis pas posée tant de questions. J'ai pris mes affaires et je suis partie. Maintenant, ça va faire deux ans que je suis sur Paris. Il y a deux ans, j'étais dans l'énergie du film, je ne devais pas attendre; sinon, je ne serai jamais partie. Je ne le regrette pas, même si ça n'a pas été simple. J'étais toute seule dans la grande capitale et je ne connaissais personne mis à part ceux qui ont travaillé sur le film. J'ai beaucoup revu les musiciens. Pendant les trois mois, j'ai pensé à retourner sur Marseille. Mais je me suis empêchée. Bizarrement, à chaque fois que je voulais repartir, j'avais une bonne nouvelle ou une proposition de rôle.»

DANSER SOUS LE FEU DES PROJECTEURS
«Mes parents n'ont pas encore vu le film. Personne de ma famille ne l'a vu. Même lorsque le film a été présenté au festival de Montpellier il y a quelques mois. Ils n'ont pas pu venir. Mon frère a vu la bande-annonce parce qu'elle est disponible sur Internet. Et sur la bande-annonce, on me voit danser le ventre à l'air. J'ai presque trouvé ça gênant mais mon frère a trouvé ça génial. J'ai d'ailleurs appris la danse orientale pour mon personnage auquel je ne ressemble pas réellement dans la vraie vie. J'ai toujours secrètement peur que les gens confondent ce que je fais dans le film et ce que je suis réellement. Physiquement, la scène de danse a été périlleuse. Je l'appréhendais beaucoup. C'était très technique même si au fond le plus dur, ça reste le jeu. Pour répéter la danse, j'ai fréquenté beaucoup de profs. C'était douloureux parce que je ne savais carrément pas danser. C'était horrible. J'ai pris des cours à Sète, à Paris. J'étais bloquée pendant un mois. Un jour j'ai rencontré une prof super sympa. Humainement, c'est passé. Et au deuxième cours, j'arrivais à danser. Au départ, il y avait un problème car j'étais jeune et je ne comprenais pas trop. J'avais besoin de quelqu'un qui me comprenne, qui m'explique bien. Je ne compte pas le nombre de profs de danse qui m'ont sorti que je n'y arriverais jamais et que je ferais mieux d'abandonner. Pour ceux qui connaissent bien la danse orientale, il est clair que je danse très maladroitement. De toute façon, Abdellatif ne cherchait pas la perfection. Dès qu'il a vu que je maîtrisais un peu, il a arrêté les cours parce qu'il ne voulait pas une démonstration. La scène a pris quatre cinq jours de tournage. Sachant que je suis tombée entre temps. Il faisait très froid, il y avait des rails, j'avais des talons et paf. C'est pour ça qu'il filme parfois en gros plans d'ailleurs lors de cette scène. Abdel voulait suspendre le tournage de cette scène mais je ne voulais pas, j'étais trop dans l'énergie. Du coup, j'ai tourné avec mon attelle pendant trois jours. Après, je l'ai enlevée. Je me souviens que Abdellatif m'avait demandé pour la scène de danse de regarder celle avec Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme. Pas pour copier mais pour voir à peu près ce qu'il voulait.»
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