
Vincent Martini 7
PEUR[S] DU NOIR
Un film collectif d'animation de Blutch, Charles Burns, Marie Caillou, Pierre Disciullo, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire
Direction artistique : Etienne Robial
Durée : 1h25
Date de sortie : 13 Février 2008

Projet en développement depuis 2003, Peur[s] du noir réunit pour le plus grand bonheur des amateurs de bandes dessinées et autres médias périphériques au 9ème art , six courts métrages ayant pour thème commun l'étude des peurs découlant de l'obscurité. Six univers aussi différents graphiquement que propices à l'exploration d'une peur ancestrale, regroupés dans un tout miraculeusement homogène par le directeur artistique Etienne Robial, bien connu pour ses habillages artistiques (directeur artistique du groupe Canal+, on lui doit de nombreux logos devenus populaires tels que ceux de la chaîne cryptée, ainsi que ceux du PSG, de la Sept, de I Télévision ou encore de M6...).
C'est d'ailleurs un retour aux sources pour le designer, celui-ci ayant débuté dans la bande dessinée (notamment avec la création du logo du journal Métal hurlant) et ayant co-fondé avec son épouse, la dessinatrice Florence Cestac, les éditions Futuropolis (depuis cédées à Gallimard dont elles sont une collection spécifique). Au delà d'une ouverture de son fait bien reconnaissable qui pourrait d'ailleurs faire office de 6ème sketch tant sa mise en musique provoque d'amblée des frissons propres à une expérience en salle, Peur[s] du noir nous propose de visiter la face sombre de six auteurs connus pour leur patte graphique hors du commun.

Le métrage débute ainsi avec la participation de l'artiste Blutch (Sunnymoon, le petit Christian), connu pour son style vivant proche du croquis léché, avec une passion pour l'anatomie féminine et la danse qu'il illustre magnifiquement. L'auteur fait d'ailleurs ici ses armes dans le cinéma d'animation et nous livre un traité viscéral sur la cruauté humaine et ses instruments incontrôlables, en reproduisant le sadisme d'un bourgeois imbu de lui-même prenant plaisir à lâcher des molosses sur de jeunes hères sans le sous. Chaque séquence de ce métrage étant disséminée tout au long du collectif, distillant sa violence afin de mieux nous en faire apprécier l'impact, la première partie de ce segment laisse la place à la participation de Charles Burns (Black Hole). Et pour le novice de goûter à un second choc visuel.
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