TRANSFORMERS : DOSSIER + TEST DVD
Tout sur TRANSFORMERS - La Critique - Photos - Le 2008-01-07 05:02:00Des mauvais garçons
Avec la première collaboration Don Simpson/Jerry Bruckheimer et Michael Bay sur grand écran, on se demande si les vrais mauvais garçons de l'entreprise sont les héros du film, ou ceux qui se cachent derrière. En effet, Bad Boys n'est pas seulement le premier long métrage du cinéaste (avec des défauts tolérables, donc), mais c'est aussi le renouveau d'un certain cinéma hollywoodien qui sera désormais dopé au MTV style permettant au jeune réalisateur de faire un peu tout ce qui lui chante avec ses focales, ses travellings circulaires et surtout ses filtres solaires grillés jusqu'à plus soif. Une sorte de coup de semonce qui sonne définitivement le glas du Flic de Berverly Hills et par la même occasion son acteur titre, parce que quoi qu'on en dise, Eddy Murphy ne fait plus le poids devant Will Smith. Ce qui est d'autant plus rigolo puisque la franchise avait pourtant rapporté un fric fou aux mêmes producteurs. On réinvente un genre. Le petit film d'action fun, rigolo, avec des noirs baignant dans des clichés d'un autre âge et aux vannes bas de plafond mais qui parviennent tout de même à alléger n'importe quel dimanche soir. Le message passe, tout le monde comprend, c'est l'essentiel. Certes, le film n'a jamais eu la prétention d'être autre chose, mais Bad Boys demeure une petite commande moyennement honnête dont le seul but était de prendre le pouls. Le pouls d'un nouveau montage excentrique, le pouls d'une surenchère esthétisée et jaunie, d'une certaine flambe séduisant un nouveau public, et surtout pour vérifier de quoi était capable le petit dernier.
Michael Bay fait alors avec les moyens du bord (15 millions, grotesque) pour s'auto-expérimenter et prouver que même avec un petit pétard, trois voitures, une allumette et une grosse bande son (Mark Mancina se déchaîne), il est encore possible de décoiffer. Bon, rétrospectivement lorsque l'on a vu ce qu'il était capable de dépouiller dans ses films suivants, les trois coups de feu tirés dans un salon de coiffure pour mémés avec comme seule perte une plante verte font désormais peine à voir, mais la pilule ne passe finalement pas trop mal. Quelques ralentis par-ci, une caméra secouée au shaker par là, et le système D de Bay parvient à booster l'ensemble même s'il fera encore preuve d'une certaine retenue. Des signes annonciateurs néanmoins sont à noter ici et là avec un Tcheky Karyo et son pétard à 4 canons ou un pauvre type catapulté par une explosion, finissant en charpie à deux mètres de la caméra. Bay sait donc plutôt bien faire, et impose timidement quelques pulsions sadiques communicatives. Malheureusement, Bay dévoile aussi son fatal retour de flamme en imposant une magistrale incompétence lorsqu'il s'agit de s'éloigner des pétarades. Globalement un lamentable directeur d'acteurs qui s'embourbe tristement si ces derniers ne savent pas improviser à leur avantage - Pearl Harbor par exemple, dont nous parlons un peu plus loin. Les scènes "tristes" du film où les héros découvrent par exemple le cadavre d'une amie font paradoxalement hurler de rire tant on baigne dans un quatre-vingtième degré involontaire. Et ce qui lui sauvera régulièrement la mise d'ailleurs, c'est justement de s'adresser à de très bons comédiens pour ne se focaliser que sur l'aspect technique. Ca limite la casse, et les échecs... Le ton est donné, Michael Bay est un pyrotechnicien dans l'âme à qui l'on donne l'accès au bouton.
[p1] [p2] [p3] [p4] [p5] [p6] [p7]
![]() | ||
| ||













































