Maître des émotions indicibles, cinéaste transformé par Hollywood,
Ang Lee revient de loin. Après s'être fait connaître avec deux comédies stimulantes (
Garçon d'honneur et
Salé sucré), il a adapté avec maestria Jane Austen (
Raison et sentiments) avant de peindre une classe moyenne engluée dans sa rouille intime (
The Ice Storm), de narrer un conte de guerriers égarés dans un monde magique (
Tigre et Dragon), de sonder le conflit des cultures pendant la guerre de Sécession (
Chevauchée avec le diable), de porter à l'écran une bande dessinée (
Hulk) et de transfigurer une histoire d'amour impossible en simulant les codes du western viril (
Le secret de Brokeback Mountain). Parcours balèze et peu conventionnel. Avec
Lust, Caution, il n'a jamais fait couler autant d'encre. Il faut croire que la controverse a du bon étant donné que le film a cartonné - et cartonne toujours - au box-office Hongkongais et Taïwanais.

Quelques esprits malintentionnés ont ainsi vu dans
Lust, Caution, objet qui n'obéit à aucune loi, une insulte aux chinois et l'expression d'une misogynie inouïe. Sans compter la haine hallucinante que le cinéaste suscite sur ses terres pour des raisons aussi diverses que vaines (récemment, son site Internet aurait été hacké). Toujours pas tendre, la censure Chinoise, elle, a pointé du doigt la représentation de la sexualité et la violence dans le récit (une pensée émue pour
Une jeunesse chinoise, de Lou Ye, même pas amputé, juste totalement interdit dans son pays). Mais on se convient aussi qu'il est de bon ton de colporter ces scandales de pacotille lorsqu'un film cartonne en festival ou ailleurs (une pensée émue bis pour le phénomène
Amélie Poulain). Mais là n'est pas le débat, encore moins l'intérêt d'un film de 2h30 qui vaut clairement mieux que ses racontars de marins d'eau douce. Dans
Lust, Caution,
Ang Lee propose donc des scènes de sexe incroyables. Est-ce la première fois qu'il propose des scènes aussi crues? En vérité, non. Petit retour sur ses films les plus hot...