
Blackpool est une série hors du commun. Narrant les aventures d'un certain Ripley Holden, figure emblématique de la ville touristique où se situe son casino, le monsieur a d'énormes espoirs de grandeur et passe son temps à rêver de Las Vegas en chantant le King et nombre d'autres succès des années 70-80. Une ambiance de fête pour une enquête policière sur fond d'American Dream à l'anglaise. Motivé par la réussite éclatante de la série (qui amena d'ailleurs une suite tout aussi réjouissante), les Etats-Unis ont, comme à leur habitude, décidé de faire un remake local de celle-ci. Malheureusement, celui-ci fut rapidement annulé en un temps record, ayant occasionné des audiences catastrophiques. L'American Dream ne motive t'il plus les foules, ou Blackpool est-elle une série tellement bonne qu'elle en devient inadaptable ?

Reprenons. Créée en 2004 par Peter Bowker, déjà scénariste sur Casualty, et produite par Laura Mackie (l'acclamée série médicale Cutting it), Sally Haynes (l'hilarant Mayo) et Simon Bird (les 3 dernières saison du soap Eastenders), Blackpool se présente comme un mélange improbable de genres n'ayant à première vue aucun rapport les uns avec les autres. On passe ainsi de la peinture sociale (Chômage, insécurité, précarité des entreprises, Holden ayant lui-même toutes les peines du monde à attirer de nouveaux investisseurs afin de monter son projet d'hôtel-casino) à la comédie musicale (les tubes s'enchaînent avec une frénésie spectaculaire et sont accompagnés de chorégraphies aussi jouissives que narrativement révélatrices) en passant par le polar (le fil rouge suspense de la série) et la romance (le flic tombe sincèrement amoureux de la dame de Holden). Le miracle de la série étant de les mélanger d'un coup de baguette magique car on se demande encore avec quel miracle divin la sauce a bien pu prendre, nous entraînant dans une aventure aussi prenante que singulière.

Côté casting, il y a encore une fois de quoi ravir les amateurs de séries (principalement comiques) à l'anglaise et chacun colle parfaitement à son personnage, jouant aussi bien la comédie que les passages chantés et dansés, maintenant une alchimie constante et réaliste : David Morrissey (State of Play) est aussi impressionnant qu'il est incroyable en adorable rêveur bourru mais lucide, David Tenant (Doctor Who) est aussi implacable en inspecteur qu'il est adorable en soupirant naïf et contrarié, Sarah Parish (Cutting It) campe l'objet du désir des deux hommes de si belle manière qu'on aimerait presque les remplacer, Steve Pemberton (La ligue des Gentlemen) est adorablement immonde, David Bradley (le concierge des Harry Potter) s'impose en manifestant tenace et philosophe, quant à Bryan Dick (la récente Sold) il est impeccable en inspecteur en second. On regrettera d'ailleurs que la performance de Thomas Morrison, incarnant magnifiquement un fils de Ripley rongé par le remord ne lui ait pas encore permis d'accéder à une carrière plus florissante...

En clair, il y a vraiment à boire et à manger dans cette distribution quatre étoiles où chacun colle parfaitement à son personnage. Une composante que les producteurs de Viva Laughlin, le remake américain de la série, ont essayé d'égaler avec la présence au casting de têtes aussi connues que réjouissantes. Après avoir incarné le père de Indy dans Les Aventures du jeune Indiana Jones et campé un rôle d'importance dans Monarch of the Glen (série malheureusement inédite chez nous) Lloyd Owen se voit confier la partition américaine de Ripley Holden. A ses côtés, on retrouve la magnifique Madchen Amick (Joey, Freddie, Urgences) dans le rôle de la belle, Eric Winters (Des jours et des vies) incarnant cette fois l'inspecteur Carlyle, et même Carter Jenkins, l'adolescent mutant de Surface endossant la partition du fils des Holden. Comme si cela ne suffisait pas, Mélanie Griffith et même Hugh Jackman viennent offrir leurs performances à la série, ce dernier étant d'ailleurs également producteur du show.
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