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DOSSIER : MACADAM A DEUX VOIES, ROAD MOVIE MELANCOLIQUE ET SUBLIME

DOSSIER : MACADAM A DEUX VOIES, ROAD MOVIE MELANCOLIQUE ET SUBLIME

Tout sur Macadam a deux voies - Le 2008-01-11 22:11:52


Les superlatifs et les comparaisons pleuvent pour qualifier le cinéma de Monte Hellman. On murmure Antonioni avec une bonne louche de distanciation Brechtienne; on parle d'Howard Hawks à la sauce élégiaque. Mais en voyant ses films, on ne pense qu'à lui. A cette patte unique pour retranscrire des charivaris intérieurs, à ces personnages coincés dans leur mental qui évoluent dans des espaces trop vastes pour eux, aux errances solitaires où une tristesse indicible consume du dedans. Nouveau western avant l'heure, l'impressionnant Macadam à deux voies, est l'une de ses plus grandes réussites - et peut-être LA. La bonne nouvelle, c'est qu'il est - enfin - disponible en zone 2 chez l'éditeur Carlotta qui a toujours respecté et mis en avant le travail du cinéaste. Produit par Universal, ce road-movie existentialiste montre deux aficionados des courses de voiture (James Taylor dont le regard mélancolique hante longtemps et Dennis Wilson, batteur des Beach Boys) qui taillent la zone avec une demoiselle énigmatique et un étrange charlatan dans une Amérique des années 70. A l'image du sublime Electra Glida in Blue, de James William Guercio, beaucoup le déconsidèrent encore en le réduisant à une antithèse de La Fureur de Vivre, voire un ersatz de Easy Rider. C'est infiniment plus. Ne serait-ce que dans sa capacité à retranscrire les états Antonioniens indescriptibles de tristesse diffuse, de néant existentiel, de quête de soi dans un monde vide de sens. Un requiem dépressif sur la fin des utopies US. Pénétrant comme un morceau de trip-hop. Nostalgique comme du Electric Light Orchestra. Sublime comme un dimanche après-midi pluvieux.

macadam à deux voies

On affirme souvent que le «road-movie» est un genre qui apparaît en période de grands bouleversements, et donc de grandes incertitudes. L'errance est censée y symboliser la recherche des réponses que les personnages pensent toujours trouver plus loin devant eux parce qu'ils n'ont plus rien à attendre de ce qu'ils laissent derrière. C'est le côté sombre du genre. Comme dans Macadam à deux voies, de Monte Hellman, hélas peu connu, qui défonce sans jamais le dire les sacro-saintes valeurs américaines, montre des personnages simulant une nonchalance pour ne plus se poser de questions dans un monde absurde et redéfinir la notion de «frontière» traitée dans le cinéma de John Ford. Un nouveau western donc qui applique la définition de l'incommunicabilité d'Antonioni (la solitude qui ronge les sens et le malaise urbain qui engourdit le coeur). Ce film rassemble toutes ces mouvances de manière flamboyante et s'inscrit ouvertement dans la tradition des road movie amorcée par Easy Rider. Si on compare ces deux films - l'un est présenté partout comme la référence et l'autre comme un objet de cinéphile -, Macadam à deux voies accuse un paradoxe: le film de Dennis Hopper passe pour le meilleur du genre alors que les films dont il s'est inspiré et ceux qu'il a inspirés sont supérieurs. Ce qui contribue à sa valeur très surestimée.

macadam à deux voies

Voilà pourquoi il est désormais temps de réhabiliter ce Macadam à deux voies, chef-d'oeuvre fomenté par un cinéaste imprévisible issu de l'école Roger Corman (il faut voir son coup d'essai La bête de la caverne hantée, disponible chez Bach Films) et soutenu par Jack Nicholson dans ses premières productions. Nicholson qui sert de lien antonionien entre Monte Hellman et le cinéaste italien pour avoir joué dans Profession Reporter. On pourrait presque pousser l'analyse en arguant que Macadam à deux voies ressemble à la somme de ces expérimentations passées (The Shooting constituait déjà une tentative de western existentialiste) où le temps semblait déjà suspendu et les personnages arboraient une mélancolie tenace et contagieuse. Sans doute vaut-il mieux voir d'autres films de Monte Hellman pour prendre la mesure de Macadam à deux voies et voir à quel point le cinéaste est arrivé là à un aboutissement dont il ne retrouvera pas plus tard la puissance élégiaque. D'ailleurs, si on évoque souvent Easy Rider à son sujet, on aurait tort de ne pas parler de Electra Glide in Blue, autre road-movie sous-estimé, ou dans une moindre mesure Point Limite Zero, de Robert Sarafian.

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bertrand warren oates    16 jan
satan Easy Rider surestimé, ça y est le gros mot est laché    12 jan
RLV Exact    11 jan
bertrand Bon article mais...    11 jan
 


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