
INTERVIEW : MATTHIAS GLASNER (LE LIBRE ARBITRE)
Tout sur LE LIBRE ARBITRE - galerie de photos - Le 2008-01-23 13:50:23
Comment avez-vous rencontré Jürgen Vogel?
Cela fait longtemps que je travaille avec Jürgen Vogel. Nous nous sommes rencontrés il y a douze ans. Il était déjà célèbre à l'époque. Je lui ai envoyé mon scénario, nous nous sommes rencontrés, nous avons parlé pendant deux longues heures de tout et de rien. De notre enfance, de notre capacité à s'autodétruire (il rit) ou même de nos goûts cinématographiques. Nous partageons une fascination commune pour Henri, portrait d'un tueur en série (John McNaughton, 86). On a tout de suite développé une relation fusionnelle. Nous pouvons nous permettre des délires tous les deux que nous ne partageons pas avec les autres. C'est une relation très exclusive et très rare et je pense que lui comme moi sommes très heureux de nous être rencontrés. On a travaillé ensemble il y a dix ans sur un film qui s'appelait Sexy Sadie qui est également sorti en France. Avec le recul, je pense même qu'on peut le prendre comme une introduction au Libre Arbitre dans le sens où ça parle d'un homme décrit comme le plus assassin de tous les temps qui sort de prison. La différence, c'est qu'il s'agissait d'une comédie en noir et blanc très stylisé avec un humour cinglant. La thématique était similaire, le traitement, non. J'ai toujours eu une fascination pour les personnages coupables ou qui se sentent coupables. La culpabilité comme malédiction me fascine.

Etait-il prévu dès le départ que le film s'ouvre sur une séquence aussi monstrueuse?
Oui. Cela s'est imposé dans le départ étant donné que je voulais que le spectateur se sente proche de ce genre de mec et hume son purin existentiel. C'est une manière d'avertir le spectateur et de lui indiquer que rien ne sera facile pour lui en regardant Le libre arbitre. Je déteste par-dessus tout la facilité. J'ai également fait en sorte que cette scène de viol dure longtemps, que le spectateur soit capable de voir ce personnage sous un autre aspect. Si au départ on le considère comme un violeur, ensuite on le prend pour ce qu'il est : un être humain. C'est là-dessus que repose le défi. Et c'est peut-être ce qu'il y a de plus choquant finalement : après plus de deux heures de film, on se rend compte que le violeur abominable du début n'est qu'un être humain avec toutes les émotions contradictoires qui vont avec.













































