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DOSSIER GERARDMER 2008 : PRONOSTICS, COMPETITION, GORE

DOSSIER GERARDMER 2008 : PRONOSTICS, COMPETITION, GORE

Tout sur REC - La Critique - Photos - Le 2008-01-23 09:29:57


Du 23 au 27 janvier 2008, se déroulera la 15ème édition du festival de Gérardmer. Le feu vert est donné ce soir avec la présentation en avant-première de Cloverfield, de Matt Reeves, un blockbuster expérimental de très haute tenue qui réussit plein de micro-exploits (lire ce que l'on en pense plus bas). Pour la 15ème, l'équipe a mis les bouchées doubles avec un jury présidé par le grand Stuart Gordon et composé entre autres de Sean S. Cunningham, Jess Franco, Juraj Herz, Neil Marshall, Takashi Shimizu, Jake West et Nicolas Winding Refn. Au diapason, la compétition officielle possède suffisamment de films passionnants pour stimuler les débats: Diary of the Dead de George A. Romero (Etats-Unis); Epitah de Jung Sik & Jung Bum-sik (Corée du Sud); Joshua de George Ratliff (Etats-Unis); Le Roi de la montagne de Gonzalo Lopez-Gallego (Espagne); L'Orphelinat de Juan Antonio Bayona (Espagne - Mexique); Rogue de Greg McLean (Australie); Teeth de Mitchell Lichtenstein (Etats-Unis); The Broken de Sean Ellis (France - Grande-Bretagne). Parmi ceux présents dans cette liste, l'un d'entre d'eux part d'emblée comme l'un des grands favoris: [REC.], de Jaume Balaguero et Paco Plaza, une plongée acrobatique et littéralement fantastique au coeur des peurs primales déjà présentée au festival de Sitges qui devrait assurer au public présent une bonne occasion d'être effrayé en toute sécurité.

COMPETITION OFFICIELLE


THE BRØKEN
Réalisé par Sean Ellis
Avec Lena Headey, Melvil Poupaud, Richard Jenkins

Histoire: Dans une rue animée de Londres, Gina (Lena Headey) voit passer son double au volant de sa propre voiture. Ebranlée par cette étrange vision, elle suit la mystérieuse conductrice jusqu'à son appartement. C'est alors que l'histoire prend un tour sombre et terrifiant qui fait passer Gina de la réalité tangible à un monde dont l'emprise ne se limite plus à ses cauchemars.

Pronostics: Sean Ellis s'est fait un petit nom avec Cashback, son premier long métrage qui adoptait le rythme lymphatique de la post-adolescence. Il s'agissait de la version longue d'un court métrage de 18 minutes nommé à l'Oscar du meilleur court métrage en 2004. Plus ancré dans le fantastique, The Broken pourrait confirmer le coup d'essai et déterminer si oui ou non Sean Ellis est plus qu'un simple petit malin roublard. La réponse est pour bientôt.

Good karma: La présence du français Melvil Poupaud
Bad karma: Les histoires de doubles n'ont pas réussi à Nacho Cerda qui est revenu bredouille l'an passé avec son très sous-estimé Abandonnée.


DIARY OF THE DEAD (LA NUIT DES MORTS VIVANTS - EPISODE 5)
Réalisé par George A. Romero
Avec: Michelle Morgan, Shawn Roberts

Histoire: Des étudiants en cinéma décident de tourner, dans une forêt, un film d'horreur à petit budget. Tombant de manière assez impromptue sur un soulèvement de morts-vivants, ils sont témoins de massacres, de destructions et du chaos ambiant. Ils choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et les horreurs bien réelles auxquels ils sont confrontés. Ils tentent de rendre ainsi compte de la situation apocalyptique et de l'appétit féroce des revenants dans un style " cinéma-vérité " documentaire à la première personne.

Pronostics: George A. Romero est très apprécié et risque d'être salué par le jury très sensible au cinéma de genre. Découvert au festival de Sitges, ce cinquième volet n'est clairement pas le meilleur opus du maestro. L'argument permet au réalisateur de Land of the dead de fréquenter une zone plus expérimentale au bon souvenir de Martin (dissection du genre horrifique) et de faire le film qu'il a toujours voulu faire depuis La nuit des morts vivants. C'est moins une redite de ses précédents films qu'une réflexion sur la vie et la mort, au cinéma comme ailleurs. Les événements sont intégralement retranscrits à travers la caméra, les raccords permettant de créer des ellipses. Les personnages sont plus dans la discussion posée que l'action irréfléchie, plus proches de la vie de tous les jours que des superhéros improbables. Romero s'attache à la dimension humaine avant de céder aux rebondissements et autres bifurcations gores. C'est un choix assez étonnant, car on ne s'y attend pas. C'est aussi un peu laborieux. Diary of the dead multiplie les mises en abyme (comme dans Redacted, de Brian De Palma, on voit des petits films diffusés sur YouTube) pour montrer que la diffusion des informations est plus rapide sur le net qu'à travers les médiums les plus populaires. Le recours à la caméra subjective permet non pas de rapprocher le spectateur de l'horreur et du suspense - contrairement à [Rec.] - mais de ressentir le choc intérieur de personnages familiers.Ce qui est jouissif, c'est l'innocence roublarde de Romero qui met en scène des personnages avec un grand sens du réalisme, comme si c'était la première fois qu'ils voyaient des zombies. Avec un plaisir toujours renouvelé de l'expérience. En se contrefoutant des clichés. En fonctionnant sur tous les degrés. Une rencontre avec un fermier sourd-muet rappelle qu'il n'a rien perdu de son humour et une fin explicative (le pourquoi des zombies) pimente une oeuvre qui devrait certainement partager...

Good karma: La classe naturelle de Romero qui n'a plus rien à prouver
Bad karma: Une démarche artistique trop conceptuelle pour percuter.

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