
DVDrama: Pourquoi avoir choisi l'évènement d'Hatitha en particulier? Qu'est-ce que cette tragédie représente selon vous?
Nick Bloomfield: Je pense que les deux évènements d'Hatitha et d'Abou Ghraib sont les deux grands évènements qui ont été médiatisés si largement. Il y a probablement d'autres tragédies telles que celle d'Haditha dont on ne connait rien mais je pense que Haditha restera dans l'esprit des gens lié à la guerre en Irak. Cet évènement m'a permis d'aborder trois points de vue, ce n'est pas une histoire de gentils et de méchants, du bien contre le mal. Cet évènement nous permet de revenir sur ce qu'est la guerre, ce qui arrive en temps de guerre quand les gens impliqués, des gens très différents les uns des autres, essayent de comprendre ce qui leur arrive. Le film traite de ça, de gens essayant de rester en vie et des comportements qui se manifestent dans n'importe quelle guerre. C'est un film anti-guerre, il entre dans le langage même de la guerre.
Je ne me rappelle pas si en France nous avions entendu parler de cette affaire mais qu'en est-il de vous? Etiez-vous encore soldats à l'époque?
Eric Mehalacopoulos: Non, j'avais déjà quitté les Marines (il a quitté l'armée en 2004, NDR).
Elliot Ruiz: Je venais juste de quitter les Marines également (en septembre 2005, NDR).

Vous aviez entendu parler de l'affaire?
EM: Oui, cela a fait la une des journaux.
NB: Cela fait encore la une. Le procès des soldats aura lieu en mars. Les médias internationaux en parle tout le temps.
J'avais entendu parler d'Abou Ghraib mais pas du massacre d'Haditha. J'ai dévouvert cet évènement avec votre film. C'est intéressant de comprendre comment les films de fiction traitent de la guerre, tâchant d'en faire le portrait. Surtout la guerre en Irak vis-à-vis du contrôle de l'information par l'armée...
NB: Le film aide à comprendre tout cela. Il revient sur chaque détail, sur les protagonistes, sur le déroulement de la tragédie.
Vous aviez dit que votre film montrait le côté humain de ce conflit. Dès le début de l'écriture vous aviez choisi de mener cette histoire à travers les trois points de vue des soldats, des habitants d'Haditha et des insurgés?
NB: Oui c'était le point de départ. Ce souci des trois points de vue s'est développé au moments des recherches que nous faisions pour le film. Nous avons commencé par rencontrer certains des Marines présents ce jour-là. C'était difficile, ils étaient dépeinds comme de terribles soldats, des soldats qui avaient tué des innocents, des femmes et des enfants. On les a rencontré, certains d'entre eux avaient à peine dix-sept ans au moment de s'engager. Ils étaient vraiment bousillés par toute cette histoire, par tout ce qu'ils avaient traversé. Cela ne nous a pas vraiment aidé à la préparation du film, la plupart avaient de gros problèmes, certains faisaient de terribles cauchemards, de vrais problèmes d'alimentation et de sommeil. Mais en les rencontrant on s'est rendu compte combien le problème était complexe. On ne pouvait pas dire qu'ils y avaient des bons et des méchants. on pouvait juste se dire qu'ils étaient également des victimes.
Et ensuite nous avons rencontré des survivants d'Haditha et également des insurgés. Ce qui est intéressant avec le cinéma, ce que le cinéma permet, c'est de raconter une histoire complexe, raconter une histoire d'hommes et de femmes, sur les aspects humains de l'affaire j'entends, parce qu'on peut y mettre assez de détails et assez de temps pour exposer le contexte et s'attarder sur les origines des protagonistes, dire comment la situation en est arrivé là. Nous avons alors choisi de traiter ces trois points de vue.







































