
LA REVELATION ALLEMANDE DU MOIS : JURGEN VOGEL
Tout sur LE LIBRE ARBITRE - La Critique - Photos - Le 2008-01-30 09:28:46
LA RENCONTRE MATHIAS GLASNER
« J'ai rencontré Mathias en 1993. Il m'a parlé d'un projet qu'il souhaitait monter. C'est devenu Le médiocre. Dans ce film, je n'ai qu'un rôle secondaire. A l'époque, on ne se connaissait pas, mais on partageait la même sensibilité d'écorché vif. Avec le temps, nous avons développé une relation intense qui s'est traduite avec le cinéma. Nous souhaitions évoluer dans la même direction en faisant un cinéma qui secoue un peu les idées reçues et ne caresse pas dans le sens du poil. Beaucoup me demandent si nous étions déjà branchés par les projets extrêmes. Le libre arbitre a beaucoup intrigué parce qu'on voit des choses qu'on ne voit pas nécessairement dans des fictions disons « standardisées ». Personnellement, je ne qualifierais pas Le libre arbitre de « film extrême ». En revanche, les trois films que j'ai fait avec lui partagent cette humeur extrêmement sombre. C'est aussi la première fois que j'ai participé à l'écriture d'un personnage avec lui. Même si au final, je n'ai rien écrit parce que je ne possède pas ce don. Nous nous sommes éclatés parce que nous savions vers quelle direction nous désirions aller. Au final, nous, je parle au nom des acteurs, avons davantage vécu les situations que respecté un script. C'est pour cette raison que le résultat peut déranger ou paraître inapprivoisable. D'ailleurs, je préfère largement que l'on discute directement sur un plateau de tournage de l'évolution d'un personnage que d'avoir à broder lors de l'étape scénaristique. L'écriture du scénario est peut-être finalement ce qu'il y a de plus laborieux au cinéma. »

LES DEBUTS ENTRE TELE ET CINE
« Je n'avais même pas commencé à me faire un nom dans le milieu du cinéma que j'incarnais déjà des tueurs en série. J'ai essentiellement bossé à la télévision et au cinéma. En Allemagne, la télévision est capitale. Dans les années 80, il y avait beaucoup de films sociaux calibrés pour le petit écran qui passionnaient les foules. A l'époque, les gens préféraient rester devant leur télé plutôt que d'aller au cinéma. Aujourd'hui, ce n'est plus pareil. Le cinéma allemand est passionnant. La télévision a également su évoluer en proposant des scripts plus intéressants. Mais je sais qu'en Allemagne, c'est extrêmement différent de la France où la télévision et le cinéma sont incompatibles. J'ai souvent remarqué qu'en France les acteurs de télé ne sont jamais au cinéma. Et réciproquement. Comme s'il y avait une aversion ou une méfiance. Il n'y a jamais eu cet esprit-là en Allemagne et heureusement car je n'aurais pas pu avoir la carrière que j'ai eu par la suite. En tant qu'acteur, je ne fais aucune distinction. Que le réalisateur provienne de la télévision ou du cinéma, je regarde ce qu'il a à me proposer avec le même regard attentif. J'ai parfois l'impression d'avoir évolué avec le cinéma allemand dans le sens où plus ce cinéma a gagné en popularité, plus j'ai commencé à recevoir des scénarios qui ne m'enfermaient pas dans des cases. Le fait que j'ai produit des films contribue bizarrement à rassurer les gens. De même, on ne me propose plus de jouer des tueurs malades et psychopathes. Je peux par exemple aujourd'hui participer à une comédie romantique comme Le bonheur d'Emma. »
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