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CINE : J'AI TOUJOURS REVE D'ETRE UN GANGSTER

CINE : J'AI TOUJOURS REVE D'ETRE UN GANGSTER

Tout sur J'AI TOUJOURS REVE D'ETRE UN GANGSTER - La Critique - Photos - Le 2008-02-11 04:47:40


On a beau dire, il reste tout de même peu fréquent de nos jours de voir en salles des films qui rappellent à notre bon souvenir les raisons de notre amour pour le 7ème art, le vrai. Des films qui proposent à la fois de vrais personnages, une véritable atmosphère à la fois référentielle et respectueuse d'un certain héritage, ainsi qu'un amour du cadre qui transpire de la pellicule. Mais c'est pourtant bien cet amour communicatif qui brille dans le second film de Samuel Benchetrit, déjà auteur de la rafraîchissante comédie Janis et John.

J'AI TOUJOURS REVE D'ETRE UN GANGSTER
Un film de Samuel Benchetrit
Avec : Anna Mouglalis, Edouard Baer, Jean Rochefort, Laurent Terzieff, Jean-Pierre Kalfon, Venantino Venantini, Roger Dumas, Alain Bashung, Arno, Bouli Lanners, Serge Larivière, Selma El Mouissi, Gérald Laroche, Gabor Rassov
Durée : 1h 48
Date de sortie : 26 Mars 2008

j'ai toujours rêvé d'être un gangster

Un malfrat à la petite semaine tente sans succès de braquer une serveuse, apprentie braqueuse elle aussi. Deux gentils bougres sans le sou s'essayent avec maladresse au kidnapping et se retrouvent avec une adolescente suicidaire sur les bras. Deux légendes de la chanson anciennement dans le vent se croisent un soir et tentent de converser au milieu des démons du passé. Un groupe d'anciens criminels se réunit après une longue période pour célébrer l'un d'entre eux. Quatre histoires a priori sans rapports, si ce n'est de se croiser et de rappeler un temps où tout était... autre.

Il en aura fallu du temps à Samuel Benchetrit pour revenir sur le chemin du grand écran. Heureusement pour nous, ces 4 ans auront permis à son envie de tourner de s'imposer à nouveau de manière viscérale et d'accoucher aujourd'hui d'un métrage qui pourrait rendre nostalgique même les plus jeunes. De cette nostalgie forte et toute émotionnelle qui donne envie de revire et de replonger dans un passé cinématographique déchu, tombé face aux dictats du consumérisme et de l'image épileptique. Et c'est d'ailleurs en fuyant ces nouveaux canons (et donc en choisissant de ne reposer que sur un budget limité) que le réalisateur a décidé de donner naissance à ce qui ressemble aujourd'hui à une oeuvre d'orfèvrerie. Malgré des aléas de tournage désespérants (décor principal brûlé en plein tournage, un planning considérablement réduit...), le projet a tout de même pu prendre vie grâce à la détermination d'une équipe soudée et motivée (de la technique aux acteurs), persuadée de participer à une oeuvre comme on n'en fait qu'une dans sa vie (même si on espère maintenant le contraire tant l'entreprise se révèle être un véritable miracle sur pellicule).

j'ai toujours rêvé d'être un gangster

Et effectivement c'est peu de supposer qu'on ne verra sans doute pas beaucoup d'ovnis d'une telle qualité courir les rues. Tourné dans un format à l'ancienne lui permettant de bénéficier d'un superbe noir et blanc (la pellicule a du être importée du Mexique) et doté d'un humour tirant autant de Charlie Chaplin ou Buster Keaton que d'une tradition nouvelle de l'absurde dont Edouard Baer, ici interprète magnifique d'un looser presque en cuir, est un des fervents défenseurs, le film est autant pétri de références qu'il est jouissif à regarder. On pense entre autres à Jim Jarmuch pour le tempo, Quentin Tarantino pour l'agencement, Benoit Mariage pour l'ambiance, et tout se marie magnifiquement alors que le metteur en scène habille ses protagonistes et ses décors d'une temporalité leur permettant de s'exprimer (et de faire rire) tout en nuances.

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