
BEN X
Un film de Nic Balthazar
Avec Greg Timmermans, Marijke Pinoy, Laura Verlinden, Titus De Voogdt, Maarten Claeyssens, Pol Goossen
Durée : 1h30
Date de sortie : 19 Mars 2008

Adolescent de 17 ans, Ben investit la majeure partie de son temps libre dans Archlord, un jeu vidéo en ligne situé dans un univers persistant. Incarnant le surpuissant guerrier Ben X, il y voyage avec Scarlite, sa compagne de jeu qu'il ne connaît que virtuellement. Mais tout habile qu'il est dans ce monde, Ben est dans la réalité une jeune homme vivant enfermé dans sa tête car atteint d'une forme d'autisme qui lui permet, certes, d'être assez autonome pour suivre une scolarité normale, mais qui occasionne chez certains de ses camarades une raillerie et un harcèlement qui va bientôt devenir insupportable.
Ancien critique de théâtre et de cinéma, Nic Balthazar s'intéressera rapidement à l'aspect technique des émissions qu'il animera pendant près de vingt ans sur les ondes Belges, et acquerra de ce fait les notions de base d'un tournage. Mais cette connaissance ne lui servira que plus tard, lorsque son attention sera attirée sur un fait divers bien particulier : l'histoire du suicide d'un jeune autiste harcelé littéralement à mort par des camarades de classe. Poussé par un besoin viscéral de réagir à la détresse de la mère de la victime, Nic écrivit alors le roman Niets Wa salles wat hij Zei (Il ne disait rien du tout) traitant d'un sujet similaire, qu'il adapta par la suite en pièce de théâtre multimédia (un acteur seul accompagné d'une vidéo) et enfin en court métrage où se retrouveront déjà une partie du casting de Ben X, le film étant la dernière mouture de l'histoire.

Mais au-delà de la chronique sociale pessimiste et déprimante sonnant comme une leçon pédagogiquement lourde et moralisatrice, Nic Balthazar choisit un angle bien plus original : faire de Ben, son protagoniste principal, un adolescent perdu à mi chemin entre la réalité virtuelle d'un jeu en réseau massivement multijoueur (ou MMORPG) et la vie sociale d'un adolescent diminué socialement, bien qu'ayant toute sa tête. Se servant du jeu de Codemarsters Archlord (on apprécie d'ailleurs le fait d'utiliser un environnement réaliste et non un agglomérat d'images vite torchées par des incompétents qui n'ont jamais vu de jeu de leur vie), le film va ainsi constamment nous permettre de suivre en parallèle la réalité des évènements ainsi que la perception imagée qu'en aura Ben à travers ses habitudes virtuelles. Un parallèle entretenu d'ailleurs par une magnifique partition sonore qui fera le bonheur des adeptes de musique électronique, Ben s'isolant d'un monde trop rude avec dans les oreilles, les notes de Sigur Rós, dEUS ou encore Praga Khan (une mise en place béton, donc). Mais alors qu'il est tout puissant derrière son écran, le jeune homme est absolument incapable de réagir lorsque deux camarades de classe le prennent pour souffre douleur permanent.














































