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CINE : 3H10 POUR YUMA

CINE : 3H10 POUR YUMA

Tout sur 3H10 POUR YUMA - La Critique - Photos - Le 2008-03-11 16:01:48


Le moins que l'on puisse dire, c'est que ces dernières années, la production de westerns s'est avérée relativement pauvre aux US. Si l'on met de côté les comédies et les dessins animés, les oeuvres marquantes pourraient presque se compter sur les doigts d'une main (Open Range, L'assassinat de Jesse James, Chevauchée avec le diable...) et il aura même fallu se tourner vers la télévision pour pouvoir régulièrement se plonger à l'époque des chevaux, des duels sanglants et des jurons salés (Deadwood, Into the West et le récent Comanche Moon). Peiné de ce constat, le réalisateur James Mangold décide à son tour de rendre hommage au genre en réactualisant le classique 3:10 to Yuma de Delmer Daves (1957), un film dont il s'était déjà inspiré pour son Copland.

3H10 POUR YUMA
Un film de James Mangold
Avec Christian Bale, Russel Crow, Logan Lerman, Dallas Roberts, Ben Foster, Peter Fonda, Gretchen Mol, Alan Tudyk
Durée : 2h02
Date de sortie : 26 Mars 2008

3h10 pour yuma

Ancien soldat de la guerre de sécession, Dan Evans tente de vivre paisiblement mais peine à joindre les deux bouts entre le paiement de son terrain que la sécheresse n'a pas épargné et une famille qu'il se doit de nourrir. Alors que l'implacable hors-la-loi Ben Wade, célèbre pour ses méfaits à travers tout le pays, est finalement capturé dans une ville voisine et doit être accompagné au train pénitencier se dirigeant vers Yuma par un effectif amoindri, Dan voit l'opportunité de remonter la pente et d'offrir à ses proches un futur plus noble, tandis qu'une relation particulière va s'installer entre les deux hommes. Mais alors que le chemin vers la fameuse gare de Contention se révèle jonché d'obstacles et que les acolytes de Wade sont à leurs trousses, l'aîné des fils Evans rejoint le convoi porté par une certaine fascination pour le bandit.

3h10 pour yuma

Célébré pour ses précédentes réalisations (Heavy, Copland, Une Vie Volée), le réalisateur américain James Mangold est connu pour ses ambiances lourdes et sa manière de peindre des personnages denses et emplis de contradictions. Et quel meilleur cadre pour étudier la chose que le western, où les hommes et femmes se retrouvent seuls face à eux-mêmes, dans l'aridité d'une Amérique encore en friche ? C'est ce postulat qui a ainsi poussé le réalisateur à mettre en oeuvre le remake du film de Delmer Daves, une idée qui lui est apparue comme une révélation alors qu'il y a vu une opportunité d'aborder des thèmes bien actuels. Le héros du récit est ainsi très proche de celui de Copland : handicapé (ici, Dan Evans ne possède plus qu'une jambe valide alors que Freddy Heflin, le personnage de Stallone dans le film suscité était à moitié sourd), représentant de la loi auxiliaire (Sly avait un pouvoir réduit) et porté par un sens de l'honneur qu'il tiendra plus à coeur que sa propre vie et qui l'acculera finalement à remplir sa mission seul contre tous. Mais alors que Heflin portait une certaine admiration pour ses collègues, c'est ici le fils de Evans qui va être séduit par la renommée et la classe du bandit. Un point que le réalisateur a tenu à souligner alors qu'il n'est qu'anecdotique dans le métrage original, et on assiste ainsi à plus qu'une simple escorte, mais à un véritable combat mental entre les deux hommes qui vont ainsi se disputer l'admiration du jeune garçon. Une ligne scénaristique qui va donner encore plus de densité à des personnages déjà profonds, interprétés par deux acteurs dont le talent n'est plus à prouver.

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