Est-ce que
Karl Urban est un geek ? A la vue de sa filmographie on pourrait se poser la question. Ainsi, il n'arrête par de figurer à l'affiche de films vénérés, ou tout du moins attendus par un public de nerds de plus en plus nombreux. Et même si la chance ne semble pas toujours lui sourire, le faisant parfois participer à des entreprises potentiellement jouissives qui se révèlent désastreuses, force est de constater que Karl reste pour le moment toujours fidèle à un cinéma de l'imaginaire et de l'action prisé des amateurs.

Né en Nouvelle Zélande,
Karl Urban débute rapidement dans le théâtre après une maigre apparition à 8 ans dans un show télé (avec pour tout texte une seule et unique réplique), mais qui va sans doute être à l'origine d'une carrière aujourd'hui en plein épanouissement. Mais alors que ses performances resteront un temps l'apanage des productions locales, Karl verra en 1996 une audition lui ouvrir l'horizon en participant aux séries
Xena et son spin off
Hercules. Produite par
Sam Raimi et des fonds tout américains, la fiction est cependant tournée en Nouvelle Zélande et verra ainsi l'acteur y incarner plusieurs rôles, dont ceux de Cupid et de Jules César, pour un total de 14 épisodes. Cependant, l'acteur entreprendra en parallèle une carrière ciné qui, outre deux comédies Néo Zélandaises (
Via Satellite et
The Price of Milk), va rapidement se diriger vers un cinéma de genre varié mais inspiré.

Et c'est ainsi qu'en 2000, Karl va incarner Harry Ballard, personnage principal du thriller horrifique
The irrefutable truth about demons (sorti chez nous en DVD sous le titre
Face aux démons). Narrant les aventures d'un homme soudain perdu dans une réalité qui s'évanouit sous ses pieds,
Face aux démons est, outre une tentative fraîche de faire ses armes dans le genre, un film gore, violent et désarçonnant, jetant ses protagonistes dans les méandres d'une folie ésotérique sans issue. Radical dans son écriture, le métrage n'évite évidement pas les écueils des petits budgets mais permet à Karl d'entrer dans le genre de noble manière dans un rôle qui sera tout sauf oubliable. Une expérience qu'il renouvellera avec un second rôle horrifique dans le
Ghost Ship issu de chez Dark castle, et qui, même si la taille du budget est alors inversement proportionnelle à l'originalité du métrage et que son rôle n'est finalement ici pas si marquant (ni son apparition longue), il a au moins le mérite de confirmer l'intérêt de l'acteur pour le genre, qui préfère désormais après des années de scène, vadrouiller du côté des fantômes et des univers fantastiques.