





Passé le logo Universal, nous sommes confrontés à un écran noir d'une longueur assez étonnante. Le temps de dix secondes, notre intention va alors se concentrer sur le son et non plus sur l'image. Le spectateur devient auditeur et guette le son qui va surgir. Comme pour prévenir l'importance primordiale d'un élément audio, la musique en l'occurence, Steven Spielberg impose aux spectateurs que nous sommes de tendre l'oreille. L'image n'apparaît pas immédiatement puisque ce sont les noms des producteurs qui font irruption ainsi que ceux des comédiens principaux. C'est alors que le premier plan démarre. Rien de grandiose, on pourrait presque dire que cet amas d'algues n'est pas d'une beauté effarante. C'est laid, granuleux... On a connu les fonds sous-marins plus colorés dans les documentaires de Cousteau. Mais Spielberg ne souhaite pas montrer un océan innoffensif ni même proprement terrifiant. S'enfoncant au plus profond des plantes aquatiques, il bouche son cadre et semble vouloir creuser dans les tréfonds de l'espace qu'il découvre. Nous sommes à l'intérieur même d'une espèce vivante, dans les entrailles d'un élément inconnu. Au plus près de l'univers aquatique, il perce ces algues filandreuses et envahissantes pour attraper le spectateur dans un piège dont il sera difficile de se sortir... La musique arrive à son paroxysme lorsqu'elle s'arrête nette et que la séquence suivante démarre.





Un autre élément naturel surgit brutalement : le feu. Un rassemblement de jeunes hippies alcoolisés et gentiment perchés est filmé tout au long d'un panoramique qui semble ne jamais choisir un centre d'intérêt, un point sur lequel se concentrer. Comme si elle cherchait sa proie, la caméra, continue son mouvement (notons que le nom du directeur de la photographie apparaît lors d'un baiser en contre-jour - ca ne s'invente pas-) et filme l'innocence sans véritablement s'y intéresser. Ce qui fascine le spectateur ne réside pas dans le mignon et le chaleureux mais bien dans le danger et l'angoisse. Finalement, la caméra prend une petite pause et semble s'arrêter sur un jeune garçon. Blondinet, clope au bec et tête dans la boisson, on ne le voit pas vraiment. Intelligemment, Spielberg le fait regarder hors du cadre pour simplifier son cut et mettre un terme à son plan. Le raccord est parfait. On voit donc dans le plan suivant une forme humaine cachée derrière un large nuage de fumée. Homme aux cheveux longs ? Femme ? Le blondinet se questionne... Lorsque la fumée se dissipe et que la jeune forme humaine confirme bien sa tendance féminine, on aperçoit un petit regard niais sur le comédien. Il est content, il a une touche !




![]() | ||
| ||









































